Dans les pas

d'Olivier Messiaen

Hors-série

La Maison Messiaen, à Saint-Théoffrey, a été inaugurée avec une série de concerts et de festivités en Matheysine, du 1er au 3 juillet dernier. Partez sur les traces de ce compositeur influent du XXe siècle.

Par Marion Frison

  • La Maison Messiaen, à Saint-Théoffrey - Crédit photo : DR
Le belvédère qui porte son nom ©DR
Le Lac de Petichet © DR
Sa tombe dans le petit cimetière de Saint-Théoffrey © R.Juillet

Crédit photo : D.R. Fondation Olivier Messiaen

UNE ŒUVRE SINGULIÈRE

Le catalogue d’Olivier Messiaen (1908-1992), riche de plus de 70 œuvres, révèle une musique novatrice, marquée par une esthétique singulière.

Le compositeur, qui était atteint de synesthésie et voyait dans les sons des couleurs, travaillait sur les timbres plus que sur les mélodies.

L’originalité de son langage musical tient aussi à la manière unique qu’il avait d'intégrer, en les transposant, le chant des oiseaux qu’il appelait les « serviteurs de l’immatérielle joie ».

A quelques enjambées du belvédère qui porte son nom, la propriété d’Olivier Messiaen descend jusqu’au rivage du lac de Laffrey.

C'est là, à Saint-Théoffrey, entre Vizille et la Mure, dans la maison qu’il avait fait construire en 1936 et où il séjournait chaque été, que le musicien a composé l'essentiel de son œuvre, puisant son inspiration dans sa foi chrétienne, l’exotisme et la nature.

L’âme du compositeur habite encore les lieux : la chapelle du XVe siècle de Petichet dans laquelle il aimait se recueillir, l’église de Saint-Théoffrey où il jouait de l’harmonium et où furent célébrées ses obsèques en mai 1992, et le petit cimetière attenant où il repose pour l’éternité aux côtés de sa seconde épouse, Yvonne Loriod. Face à l’Alpe du Grand Serre qu’il aimait tant.

On le croisait également plus à l’est, dans le hameau de La Fayolle, sur l’ancienne voie romaine où il enregistrait les oiseaux pendant des heures.
 

> UN BELVÉDÈRE SONORE

Inspiré par les paysages alpestres du Dauphiné, Olivier Messiaen quittait parfois Saint-Théoffrey pour s’aventurer en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de la Salette ou à La Grave, au pied de la Meije qui le fascinait — où un festival lui rend hommage chaque été depuis 1998.

Désormais, vous pouvez retrouver la présence de l’artiste en Matheysine et comprendre l’intérêt des sites paysagers environnants grâce à la table d’orientation et à la signalétique visuelle et sonore que le Département a installée sur le belvédère Olivier Messiaen. 

UNE RÉSIDENCE D’ARTISTES 

 
La Maison Messaien, qui appartient à la Communauté de communes de la Matheysine, retrouve sa vocation originelle de lieu de composition, de création et d’enseignement sous l’égide de la Fondation de France.
 
Elle recevra en résidence des musiciens, poètes, plasticiens et ornithologues partageant la philosophie du compositeur.
 
Le pianiste Roger Muraro, qui fut l’un de ses élèves et qui l’a côtoyé à Petichet, y sera ainsi accueilli fin juillet, avec huit étudiants du monde entier.
 
Tout en assurant le rayonnement international de l’œuvre du compositeur, l’AIDA (Agence iséroise de diffusion artistique), à qui la Fondation Messiaen a confié le projet artistique des lieux, veillera à ce que la population locale se l’approprie.
 
“Les artistes en résidence participeront à la vie du territoire avec des  rencontres éducatives dans les écoles matheysines, des répétitions publiques et des mini-concerts dans la résidence” , précise son directeur Bruno Messina.
 
Son pari : populariser Olivier Messiaen, comme il l’a fait avec Berlioz à La Côte-Saint-André !
 
Aida :  04 74 20 31 37 - www.maisonmessiaen.com
Publié le : 
07 juillet 2016