Les trésors cachés

de Saint-Antoine-l'Abbaye

Hors-série

Classé parmi les « Plus beaux villages de France », célèbre pour son abbatiale et son bourg médiéval, Saint-Antoine-l’Abbaye recèle aussi de nombreux secrets. Visite intime.

Par Annick Berlioz

  • Le village de Saint-Antoine-l'Abbaye depuis les toits ©F.Pattou
  • Dans la salle du trésor de l'abbatiale ©F. Pattou
Christ en ivoire du XVIe siècle - Crédit photo : F. Pattou
Chasubles cousues de fil d’or et d’argent - F. Pattou
Calices et croix en métal précieux - Crédit photo : F. Pattou
Vierge en prière du XIVe siècle - Crédit photo : F. Pattou
La nef de l’abbatiale depuis le triforium - Crédit photo : F. Pattou
Les grandes orgues de l’abbatiale - Crédit photo : F. Pattou

LE LOGIS DE L'ABBÉ

En 1750, Etienne Galland, avant dernier abbé de l’ordre des Antonins, a constitué un cabinet de curiosités avec 5 404 monnaies et médailles, de nombreux instruments scientifiques et quelques spécimens rares d’histoire naturelle — animaux naturalisés, fossiles et coquillages.

Il est aussi possible de visiter la chapelle de l’abbé. Chapelle haute aux origines princières, elle a pu accueillir les rois Charles V et Louis XI. Des fleurs de lys attestent de sa destination royale. Elle comporte aussi de superbes peintures murales dont une vierge en prière du XIVe siècle.

Egalement à découvrir, le triforium, galerie de circulation autrefois empruntée par les religieux, qui offre une vue imprenable sur la nef de l’abbatiale. On peut y découvrir de curieux culs-de-lampe et leur langage codé que seuls les initiés savaient déchiffrer.

Visites guidées par le Musée départemental de Saint-Antoine-l’Abbaye tous les 1ers dimanches du mois. 04 76 36 40 68.

REVENEZ LE 30 JANVIER À 13 H 06 !

A cette date, un clou en fer planté dans le sol de la 7e chapelle du bas-côté sud de l’église est totalement recouvert par le soleil.

Jusqu’en 1582 — avant la réforme calendaire —, ce clou était éclairé le 17 janvier, jour de la Saint-Antoine.

On croit tout savoir sur Saint-Antoine-l’Abbaye, où une communauté de religieux médecins fonda l’une des abbayes les plus prospères d’Europe pendant cinq siècles.

Mais la cité et son abbatiale renferment de nombreux trésors souvent méconnus de ses 200 000 visiteurs annuels !

> LE TRÉSOR DE L’ABBAYE

Les Antonins, ordre religieux hospitalier qui s’implanta à Saint-Antoine-l’Abbaye aux confins des XIe et XIIe siècles, disposaient d’une connaissance considérable.

Même s’il a été disséminé en partie à la Révolution, le trésor de l’abbaye témoigne encore de leur prestige.

Situé dans la sacristie de l’abbaye, il contient 380 objets. Parmi les pièces maîtresses, 80 reliquaires, châsses et bustes des martyrs chrétiens ramenés de Rome et de Florence au XVIIe siècle après les guerres de religion, 32 livres liturgiques peints par les religieux aux XVIIe au XVIIIe siècles et des chasubles cousues de fil d’or et d’argent.

A voir absolument, un christ en ivoire du XVIe siècle, vraisemblablement sculpté par un artiste féru d’anatomie.

Visites guidées par les Amis des Antonins jusqu’au 30 septembre de 14h à 17h tous les jours sauf le lundi. 

  • Le clocher de l'église où est dissimulée une horloge solaire ©F. Pattou

L'HORLOGE SOLAIRE

Unique en Europe, une horloge solaire du XVIe siècle est dissimulée dans l’escalier menant au clocher sud de l’église.

Elle a été conçue par Jean Borel, religieux antonin, grand expert en gnomonique. Elle indique avec une extrême précision la position du soleil.

  • La chapelle de Saint-Jean-Le-Fromental ©.F.Pattou
  • Intérieur de la chapelle de Saint-Jean-Le-Fromental ©. F. Pattou

LA CHAPELLE DE SAINT-JEAN LE FROMENTAL

Petit bijou de l’art roman situé à Dionay, à trois kilomètres de Saint-Antoine-l’abbaye, cette chapelle de la seconde moitié du XIIe siècle et son petit cimetière semblent perdus au milieu de nulle part.

Son clocher abrite l’une des plus vieilles cloches du Dauphiné (1464). A l’intérieur, des peintures murales d’une belle facture constituent l’unique décor d’un édifice épuré. 

Publié le : 
07 juillet 2016