L'EXPO...

À TUE-TÊTE !

Exposition

Si on chantait ! La, La, La, La... Entonnant le refrain de Julien Clerc, le Musée dauphinois à Grenoble nous invite à ouvrir grand nos oreilles, pour revisiter en musique ce patrimoine oral et populaire qui nous unit et rythme nos journées …

Par Véronique Granger

  •  Tout commence par la berceuse, commune à toutes les cultures.
  • exposition si l'on chantait

 

Un art mineur, la chanson, comme le prétendait Serge Gainsbourg lors d’une célèbre engueulade avec Guy Béart (lors de l’émission Apostrophes en 1986) ? Ou un objet social partagé par tous, notre plus petit patrimoine commun ?

A l’heure où un chanteur, Bob Dylan, vient de se voir décerner pour la première fois le prix Nobel de littérature, le Musée dauphinois nous répond avec cette exposition en 78 chansons !

Des vers de la comtesse de Die, femme troubadour du XIIe siècle, au tube « On écrit sur les murs », repris par le groupe Kids United en 2015, c’est à une véritable traversée du répertoire populaire que nous invite à découvrir le musée départemental.

Comptines, aubades ou pastorales, chansons à boire ou à danser, de gantières ou de marins… Peu importe l’air ou le genre dont elle relève.

La chanson ne demande qu’une voix pour exister et transmettre des émotions. « Tout commence par la berceuse, commune à toutes les cultures : c’est ce La, La, La, La… qui souvent va créer le premier lien fondamental avec nos parents, une pulsation intime », rappelle Franck Philippeaux, commissaire de l’exposition.

 

> SÉQUENCE NOSTALGIE

Après une introduction dans le couloir sonore puis un passage au studio de radio où l’on pourra revoir des archives vidéo de l’Institut national de l’audiovisuel comme l’émission d’Apostrophes opposant Gainsbourg et Béart ou encore Boris Vian nous questionnant sur l’industrie musicale, on rentrera dans l’intimité d’un appartement. « La chanson s’écoute le plus souvent à la maison. Elle nous accompagne lors de nos tâches quotidiennes. D’où cette scénographie, avec une ambiance et une sélection de chansons populaires à écouter pour chaque pièce », poursuit Franck Philippeaux.

Chansons d’exil dans le vestibule, d’amour dans la chambre parentale, contestataires dans la chambre de l’ado, d’enfance dans la salle de bains, donnant du cœur à l’ouvrage dans l’atelier-garage… 

Au total, 78 chansons ont été sélectionnées à travers les générations. Parmi les nombreuses pépites et tubes universels, on rencontrera bien sûr quelques grandes figures de la « scène locale » d’hier à aujourd’hui  : qui se souvient ainsi de l’Isérois Bach (moins célèbre que son homonyme allemand) ? Ce comique troupier connut pourtant son heure de gloire avec sa « Caissière du grand café » en 1914.

La diva Ninon Vallin, originaire de Montalieu-Vercieu, célébrée en son temps par Debussy pour sa « voix pailletée d’argent », nous étonnera avec son « Duo des dindons ». On découvrira que les plus célèbres chansons de Reggiani ou de Montand comme « Sous le ciel de Paris » furent écrites par le parolier grenoblois Jean Dréjac.

Désuète ou ringarde la chanson à l’ère électronique ? La pratique ne s’est pourtant jamais aussi bien portée. Pénétrant dans la pièce « karaoké », le musée nous invitera d’ailleurs à pousser nous aussi la chansonnette sur des airs connus.

 

Jusqu’au 2 janvier 2018 au Musée dauphinois, à Grenoble.
 

www.musee-dauphinois.fr

 

 

 

SI ON CHANTAIT ! LA LA LA LA : EN IMAGES

Les Twist boys. Groupe de rock’n’roll de Vizille,1962 © R. Villiot/Collection Musée dauphinois.
Entre 1961 et 1965, Les Vampires, groupe de Fontaine, donnent de nombreux concerts. Ces jeunes lycéens enregistrent aux studios J.B.P. deux 45 tours de quatre titres : Les copains, Sylvie, Ma mélodie, Spotnicks Time. Leur plus grand souvenir est sans aucun doute le concert du 22 juin 1965 en première partie de l’unique prestation lyonnaise des Beatles au Palais d’hiver.
Les Vampires. Disque vinyle 45 tours (J.B.P. Records, 1962). Collection privée.
Les Allobroges. Ce chant militaire, initialement intitulé La liberté, composé en 1856 par Joseph Dessaix (1817-1870), célèbre la promulgation de la monarchie constitutionnelle de la Savoie en 1848 par Charles-Albert, roi de Piémont-Sardaigne. Partition carte postale. Collection Musée dauphinois.
Les Alpins. Chanson écrite vers 1930. Imagerie d’Épinal n°4156, Pellerin (imprimeur). Collection Musée dauphinois
Né en 1882 au Fontanil-Cornillon, Charles-Joseph Pasquier, dit Bach, débute sa carrière de chanteur comique-troupier en 1899. En 1914, il crée les succès Quand Madelon, La caissière du grand café, Avec Bidasse… Il lui faudra toutefois attendre l’après-guerre pour accéder à la célébrité. De 1928 à 1938, il enregistre plus de 200 sketches avec son complice Henry-Laverne. Paul Misraki s’est inspiré de Tout va bien pour composer la chanson Tout va très bien, Madame la Marquise (1931). Portrait photographique dé
La caissière du Grand Café. Partition de Charles-Joseph Pasquier, alias Bach, interprète. Louis Bousquet, auteur Louis Izoird, compositeur. Editions Louis Bousquet, Paris, années 1910.
Née Eugénie Vallin, en 1886, à Montalieu-Vercieu, Ninon Vallin a 25 ans quand elle arrive à Paris. Elle rencontre Claude Debussy puis Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique. Elle en devient titulaire en 1912 avec le rôle de Micaëla dans Carmen de Georges Bizet. En 1916, elle accepte un contrat en Amérique du sud et interprète la plupart des grands ouvrages du répertoire français. Sa carrière est désormais internationale. Cette diva enregistre plus de 450 disques entre 1913 et 1955. En 1934, elle interpr
Ninon Vallin dans l’intimité avec des poules et des canards et non des dindons.
Sous le ciel de Paris. Cette chanson est interprétée pour la première fois par Jean Bretonnière dans le film Sous le ciel de Paris de Julien Duvivier en 1951 qui sera un grand succès. Partition dite « petit format ». Paroles de Jean Dréjac et musique de Hubert Giraud. Paris Choudens éditeur, 1951. Collection privée
Le parolier grenoblois Jean Dréjac, auteur de la chanson Sous le ciel de Paris.
La gantière de Grenoble. Né à Domène, Gustave Rivet publie son premier recueil de poèmes en 1868. A partir de 1875, il se consacre au journalisme et à la dramaturgie. Il entame à 35 ans une longue carrière politique qui durera 41 ans. Sa chanson, La gantière de Grenoble, raconte l’histoire d’une alerte ouvrière qui fait l’orgueil de Grenoble. Sa gaîté empêche de voir trop en noir sa pauvre vie. Fière, elle saura répondre aux avances dépourvues de sentiments d’un garçon intéressé par « la chose ». Partition

SI ON CHANTAIT ! LA LA LA LA : TÉMOIGNAGES SONORES 

 

> Témoignage de Delfino, auteur-interprète, Les Barbarins fourchus,  Grenoble.
 

> Témoignages de Murielle Malka et Yves Markowicz, chorale Diasporim zinger, chants des diasporas juives.

 


 

> Témoignages d’Anne et Lise Leider, chorale Les Barricades, chants de lutte.
 


 

> Témoignage de Claude Caron, chanson Tous mes âges, de Salvatore Adamo.
 


 

> Témoignage de Léa Dessenne, chanson Mes Guêpes.

 


 

> Témoignage de Magda Mokhbi, chant traditionnel kabyle, Akem denir awel, (Je vais te dire un mot).
 


 

> Témoignage de Nassima Boulghens, Taht al Yasmina fellil (Sous le jasmin, le soir), Hedi Jouini, Tunisie.
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le : 
01 janvier 2017