GÉNÉPI :

L'ICONE DES ALPES

Terroir

Cette plante de la famille des armoises, qui tire sa notoriété de la liqueur à laquelle elle a donné son nom, pousse en haute montagne. Sa rareté et la difficulté de sa cueillette ont incité des agriculteurs à la mettre en culture.

Par Marion Frison
 

  • Chantal Theysset produit 600 litres de génépi par an au cœur de l’Oisans, à 1 650 mètres d’altitude.


> SON HISTOIRE

Connu depuis le Moyen Âge pour ses vertus médicinales, le génépi a longtemps été utilisé en infusion pour soigner les coups de froid et les troubles digestifs, avant d’entrer dans la composition de liqueurs « maison ».

Selon L’Inventaire du patrimoine culinaire de la France, la première liqueur de génépi a été  commercialisée par la distillerie iséroise Charles Meunier en 1809. Mais c’est dans les années 1960 qu’elle a conquis la notoriété, grâce à l’essor des sports d’hiver.
 

> SON TERROIR

Le génépi pousse à l’état sauvage dans les Alpes et dans les Pyrénées, sur les rochers, les moraines et les éboulis, entre 2 000 et 3 400 mètres d’altitude.

Pour satisfaire la demande des liquoristes, sa culture s’est développée dès les années 1970. Des chercheurs du Conservatoire botanique national alpin sont parvenus à domestiquer la plante afin de la cultiver à une altitude inférieure, sans nuire à la richesse de ses arômes.
 

> SA CULTURE

« Le génépi se contente d’un sol pauvre, mais bien drainé car il ne supporte pas l’humidité », explique Chantal Theysset. Cette agricultrice de Villard-Reymond, un village perché à 1 650 mètres au cœur de l’Oisans, cultive du génépi depuis 2003.

« L’Artemisia mutellina est l’espèce la plus facile à cultiver à faible altitude », précise-t-elle. Elle achète dans les Hautes-Alpes des plants en culture biologique qu’elle repique en mai.  « Le cycle de culture est de trois ou quatre ans. Après, le rendement chute. »

La cueillette annuelle se fait à la fin juin. La récolte est ensuite séchée, perdant au passage les deux tiers de son poids, puis stockée à l’abri de la lumière, et commercialisée en vente directe.
 

Contacts : Les Jardins d’en Haut, Villard-Reymond. 06 18 44 32 61
 

REPÈRES

En Isère, la cueillette du génépi est limitée par un arrêté préfectoral à 100 brins par personne.

 

> LE GÉNÉPI EN QUÊTE DE RECONNAISSANCE

L’Association de défense et de gestion du génépi des Alpes, qui regroupe les agriculteurs cultivant du génépi et les liquoristes, a déposé une demande d’IG (indication géographique).

Le cahier des charges, homologué en 2014, prévoit que la culture, la cueillette, la transformation et la mise en bouteille du Génépi des Alpes devront être réalisées en France dans les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, l’Isère et les deux Savoie, et en Italie, dans le Piémont et le Val d’Aoste.

« L’IG,  qui devrait  être accordée en 2017, va permettre de sauvegarder l’un des produits les plus traditionnels de la culture alpine », souligne la présidente de l’association, Isabelle Bouvier.
 

> UN ALCOOL AU GOÛT DE MONTAGNEgenepi-iseremagcfotolia.jpg

Selon un adage répandu, il suffit de faire macérer 40 brins de génépi et 40 sucres dans un litre d’alcool, pendant 40 jours, pour obtenir la précieuse liqueur.

Chantal Theysset met, quant à elle 20 sucres seulement par litre d’alcool, et réduit le temps de macération à 20 jours, car le génépi de culture est plus amer que les plants sauvages. Elle produit chaque année 600 litres d’une liqueur à 43°, âpre et parfumée. 

Traditionnellement servi en digestif, le génépi gagne les bars branchés, où il entre dans la composition de cocktails comme le Mojito des Alpes.

A consommer avec modération !

Publié le : 
01 janvier 2017