Patrimoine

L’esquisse du futur bâtiment a été dévoilée : un vaisseau minéral de 14 000 m2, qui abritera à partir de 2020 les 36 km linéaires de documents dont le Département a la garde.

Par Véronique Granger

Illustrations : CR&ON et D3, architectes

  • Le projet du cabinet d’architecture Créon, à Grenoble, a été retenu parmi quatre finalistes d’un concours de maîtrise d’œuvre lancé en mars 2016.
  • Le rez-de-chaussée, ouvert et transparent, accueillera les locaux ouverts au public.
  • Quatre blocs compacts habillés d’une peau de béton évoquant nos massifs calcaires, assemblés par des césures de verre et de lumière, abriteront les magasins.

 

Faire des recherches historiques, retrouver un document administratif ou un jugement de divorce pour faire valoir un droit… Autant de motifs variés qui nous conduisent aux Archives départementales !

Chaque année, nous sommes 3 000 à pousser la porte de la salle de consultation pour découvrir la mémoire écrite du Département qui remonte au XIe siècle et s’enrichit quotidiennement des documents produits par les services publics — et dont la valeur probatoire et l’intérêt historique justifient la conservation.

De l’acte de cession du Dauphiné à la France en 1343 aux actes notariés de plus de 100 ans en passant par les archives des tribunaux, les archives privées de familles, d’entreprises ou d’associations, plus de 36 kilomètres linéaires sont actuellement conservés : manuscrits ou imprimés, sur parchemin ou sur papier, en liasses ou en registres, plans, photographies, films…

Plus de 500 000 documents sont inventoriés et consultables sur place. Les archives de l’état civil, des recensements de populations et les registres matricules militaires sont disponibles en ligne.

 

> LE PAYSAGE S'EFFACE AU PROFIT DE LA LUMIÈRE

Créées sous la Révolution, compétence obligatoire du Département depuis 1986, les Archives ne se limitent pas à ce rôle patrimonial. « C’est aussi  un pilier de notre démocratie : elles sont garantes de la continuité de l’action publique par-delà les changements de régime ou les évolutions politiques,  et permettent au citoyen d’avoir accès à l’information et d’utiliser les documents comme preuve », explique la directrice des Archives de l’Isère, Hélène Viallet.

Depuis quelques années pourtant, le bâtiment du centre-ville de Grenoble était arrivé à saturation. Impossible d’accueillir à court terme les milliers de cartons en attente dans les administrations ou les études notariales, que les Archives doivent légalement accueillir et conserver.

Prenant compte des difficultés d’extension sur place, le président Jean-Pierre Barbier a tranché en juin 2015 pour une solution pérenne et fonctionnelle : la construction d’un nouveau bâtiment sur l’ancien site des VFD à Saint-Martin-d’Hères. « Un vaste site bien desservi et facile d’accès pour le public », précise Patrick Curtaud, vice-président du Département chargé de la culture et du patrimoine.
 

www.archives-isere.fr

 ZOOM  

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Situé près du domaine universitaire à Saint-Martin-d’Hères, le futur bâtiment sera facilement accessible au public. Ici, la salle de lecture.

 

> UN INVESTISSEMENT DE 37 MILLIONS D'EUROS

L’investissement du Département est à la mesure des enjeux : conserver et enrichir ce patrimoine inestimable, et répondre à l’obligation légale d’accueillir les versements.

Le projet retenu, d’un montant total de 37 millions d’euros, répond aux très fortes contraintes techniques qui caractérisent un bâtiment d’archives publiques.

Il sera à même d’accueillir l’accroissement des archives pendant 25 ans après la mise en service, avec près de 70 km linéaires au total.

Validée par les Archives de France, l’opération bénéficiera du soutien financier du ministère de la Culture.

Sans attendre, l’équipe des Archives départementales prépare déjà le déménagement : 2020, c’est demain !

Publié le : 
01 janvier 2017