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La nouvelle exposition du musée de Saint-Antoine-l'Abbaye, "Bâtisseurs d'Eternité", nous ouvre les coulisses des chantiers médiévaux, au temps des cathédrales.

Par Corine Lacrampe

  • L’église abbatiale de Saint-Antoine, édifiée à partir du XIIIe siècle ©F. Pattou
  • L’intérieur de l’abbatiale avec son dallage en calcaire jaune du Vercors ©DR

Autour de l'an Mil, les ordres monastiques se développent en France et en Europe, stimulant l'économie. Civils ou religieux, les chantiers se multiplient, y compris dans les possessions des hospitaliers de Saint-Antoine.

Les innovations techniques permettent des réalisations somptueuses. Des forgerons aux tailleurs de pierre, des sculpteurs sur bois aux maîtres verriers, les constructeurs sont devenus des artistes.

Les échafaudages grimpent jusqu'au ciel, les poulies et autres machines démultiplient les forces, les matériaux s'affinent et s'adaptent pour permettre d'édifier de manière toujours plus sophistiquée.
 

> DES MATÉRIAUX LOCAUX MIS EN OEUVRE

En amont de la construction, il faut acheminer les matériaux. Pour l'abbaye de Saint-Antoine et les maisons à colombage du village, le bois provient de la forêt toute proche et des contreforts du Vercors.

Les murs sont édifiés en molasse locale taillée en bloc et le calcaire jaune du Vercors constitue le dallage de l’église. Le métal arme les blocs de pierre et les arcs, assemble des pièces de bois et entre dans la fabrication des outils pour la taille et des objets usuels de l’habitation.

Ainsi, plusieurs forges sont-elles actives dans le bourg jusqu’au XVIIIe siècle. Sur le chantier s'activent les « hauts métiers » : maçons, appareilleurs et tailleurs de pierre, charpentiers.

Les chantiers, qui durent sur plusieurs générations, permettent la formation de bons artisans, apprentis, compagnons puis maîtres. Aujourd'hui encore, l'art de tailler la pierre se transmet dans la Grande cour de Saint-Antoine-l’Abbaye.

Comme hier, le chantier est une chorégraphie bien orchestrée. C'est toute cette dynamique qui est restituée dans l'exposition du musée départemental à travers les peintures, objets d’art, manuscrits, maquettes et sculptures en provenance d’une trentaine d’institutions nationales.

Nous découvrons les métiers, les outils, les techniques impliquées mais aussi les mythes et symboles... et l'héritage de ces bâtisseurs à l'époque moderne. 

> DE VISU

UN CHANTIER
COMME AU TEMPS DES CATHÉDRALES

Cette année, le musée départemental consacre une exposition aux bâtisseurs d'éternité, autour des constructions du Moyen Age à nos jours.

En clin d'œil, le dessinateur isérois Gilbert Bouchard y présente une série de dessins au trait noir, illustrant les différents métiers et les techniques de constructions médiévales, dûment accrédités par un médiéviste.

Autre clin d'œil : lors de la fête médiévale des 6 et 7 août, dont le thème sera Au temps des cathédrales, un chantier en plein air accueillera des sculpteurs sur bois, des tailleurs de pierre, des forgerons et autres représentant des métiers d'art qui feront montre de leur savoir-faire.

Seront également présentés des outils et des techniques médiévales qui permirent, en démultipliant les forces de l'homme, de construire des cathédrales défiant les millénaires

Dans la grande cour, démonstration de taille de pierre par Christophe Chevènement de l’atelier des Bons œuvriers ©C.Lacrampe
Le tailleur de pierre, Christophe Chevènement, en plein travail ©C.Lacrampe
Une tête de vierge, sculptée vers 1300-1350 ©Musée du Louvre/P. Philibert

LES MÉTIERS ET TECHNIQUES
DES BÂTISSEURS DE CATHÉDRALES

Par le dessinateur isérois Gilbert Bouchard

Architectes
Forgerons
Maçons
Grutiers
Fresquistes
Verriers

> REPÈRES

Présentation de l'exposition " Batisseurs d'Eternité "par Géraldine Mocellin, directrice du Musée départemental de Saint-Antoine-l'Abbaye sur Radio Royans (93MHZ) et des temps forts de l'été 2016 par Claire Bleuze, assistante de direction. Cliquez ici.

" Bâtisseurs d’Eternité " : du 10 juillet au 9 octobre. Salle voûtée du Noviciat. Entrée gratuite.

Autour de l'exposition : « Le chantier des bâtisseurs », proposé par le musée à l’occasion de la fête médiévale les 6 et 7 août sur le thème « Au temps des cathédrales » (de 14 h à 20 h dans la Basse cour de l'Abbaye).

Les Journées d’études : « Bâtir, orner, accueillir, découvrir », les 16, 17 et 18 septembre.

www.musee-saint-antoine.fr

  • Un flacon de parfum du XVIIIe siècle ©C.Lacrampe

KIOSQUE A ODEURS
ET JARDIN MÉDIÉVAL

Au Moyen-Age, sauge, jasmin, ylang-ylang, néroli, lavande ne se contentent pas d'embaumer, elles entrent dans l’élaboration de remèdes.

Les Hospitaliers de Saint-Antoine utilisent particulièrement les effets bénéfiques de la rose. Les anciennes Grandes écuries de Saint-Antoine-l'Abbaye abritent la magnifique exposition permanente Quand le parfum portait remède.

Nouveautés 2016, la présentation d'une collection de flacons du XVIIIe siècle. Et dans le jardin intérieur du Noviciat auquel donne accès les Grandes Ecuries, une composition végétale entre Orient et Occident, orchestrée autour de quatre espaces médiévaux à thème : le jardin du paradis, le jardin du parfumeur, le jardin des simples et le jardin arabo-andalou. Et au milieu coule une fontaine...

Jusqu’au 11 novembre. Entrée gratuite.

Publié le : 
06 juin 2016