Découvertes

Entre Saint-Pierre-de-Chartreuse et Saint-Laurent-du-Pont, à proximité du Guiers mort, se dresse l’ancienne chartreuse de Currière, aujourd’hui occupée par la famille monastique de Bethléem. Dépaysement et bain de silence garantis.

Par Richard Juillet

  • La Charteuse de Currière, située à 880 mètres d'altitude ©R.Juillet
Situé à 880 mètres d’altitude, le monastère, niché dans le vallon de Currière, est entouré de falaises et de forêts ©R. Juillet
Edifié à partir de 1296, il est aujourd’hui occupé par les moines et les moniales de la congrégation de Bethléem ©R. Juillet
Les frères de Currière durant le « mois évangélique », une retraite qui se déroule généralement en août ©DR
L’une des entrées du monastère © R. Juillet
L’expulsion des Chartreux, en 1903 ©DR
Le monastère de Currière, l’hiver, majesteux ©DR

REPÈRES

COMMENT S'Y RENDRE ?

> Par Saint-Laurent-du-Pont :
Suivre la RD 520B vers Saint-Pierre-de-Chartreuse. A 1 km, prendre la route forestière de la Charmette sur 6 km. Depuis le parking situé au dessus du monastère, des randonnées partent, notamment, vers le sommet de la Grande Sure.

AUX ALENTOURS

Le pont Perent, sur le Guiers mort, a été construit par les Chartreux vers 1500 pour faciliter l’accès au monastère de Currière.

Composé d’une seule arche en plein cintre, il mesure 15 mètres de longueur et 14 mètres de hauteur.

Pour le découvrir depuis Saint-Laurent-du-Pont, prendre la RD 520B en direction de Saint-Pierre-de-Chartreuse puis se garer au niveau du pont saint Bruno. Continuer à pied sur 100 mètres.

Ce pont est classé au titre des monuments historique depuis 1923.

Source : Currière en Chartreuse-Le silence du Désert. Editions PUG.

Le pont Perent vu de dessous ©R. Juillet
Le pont Perent et son tablier ©R. Juillet
Le Guiers mort ©R.Juillet

A une quinzaine de kilomètres du monastère de la Grande Chartreuse et de son musée de la Correrie, l’un des sites les plus visités de la région Rhône-Alpes, se dresse un autre édifice religieux tout aussi majestueux mais bien moins connu : le monastère de Currière, près de Saint-Laurent-du Pont.

Si il est aujourd’hui occupé par les moines et les moniales de la congrégation de Bethléem, sa construction est l’œuvre des Chartreux qui l’ont édifié à partir de 1296, sous le règne du dauphin Humbert 1er.

A l’époque, il s’agissait pour l’Ordre fondé par saint-Bruno, de créer un nouveau « désert » dans un lieu isolé et silencieux, propice à la méditation et à la prière.

Pendant des siècles, Currière servit ainsi d’annexe à la Grande Chartreuse, voire de refuge durant les guerres de Religions.

A partir du XVIe siècle, le monastère sera également utilisé comme infirmerie pour les pères malades, vocation qui s’acheva à la Révolution où il fut pillé et partiellement détruit.

 

Après sept siècles d’une histoire tourmentée, le monastère a retrouvé sa vocation religieuse

Lorsqu’au milieu du XIXe siècle les Chartreux en reprirent possession, ils décidèrent de le transformer en école pour enfants sourds-muets, un engagement qui s’acheva en 1903 avec l’expulsion des pères de leurs monastères chartroussins. Currière est une nouvelle fois laissé à l’abandon.

Durant la Grande guerre de 1914-1918, il servit occasionnellement de casernement puis de camp de prisonniers. A la Seconde Guerre mondiale, les réfractaires au STO et les maquisards y trouvèrent refuge.

Enfin, à partir de 1945 et jusqu’en 1970, le site fut transformé en colonie de vacances pour les enfants des écoles du diocèse, avant d’être réhabilité et confié, en 1973, par les Chartreux, à la famille monastique de Bethléem.

Après sept siècles d’une histoire quelque peu tourmentée, Currière a enfin retrouvé sa vocation religieuse et son silence assourdissant.

Malheureusement, le monastère ne se visite pas — à part la boutique des sœurs. Mais le site et son cadre naturel valent vraiment le détour.

Publié le : 
06 juin 2016