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L'Isère fait place

aux jeunes

Dossier

Avec 32,5 % de la population âgée de moins de 24 ans, l’Isère est l’un des départements les plus jeunes de France. Les jeunes sont l’avenir de notre territoire mais se sentent parfois délaissés. Les moins de 20 ans peuvent pourtant être force de propositions. Le Département souhaite encourager cette génération montante qui mérite qu’on lui fasse confiance et qu’on valorise ses projets.

Par Annick Berlioz

  • Le Département accueille actuellement des jeunes en service civique comme ces jeunes ambassadeurs des droits de l’enfant, Guillaume, Lucie et Audrey ©F. Pattou

UN PLAN DÉPARTEMENTAL POUR LA JEUNESSE ET LA CITOYENNETÉ

En mars dernier, le Département a voté un plan pour la jeunesse et la citoyenneté. Objectif, favoriser l’épanouissement des jeunes et leur donner la place qui leur est due.

La période actuelle est l’une des plus difficiles que la jeunesse ait connue depuis 35 ans. Selon une enquête réalisée en 2013 pour France Télévision, seulement 25 % des 18/25 ans pensent que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents et 45 % imaginent qu’elle sera pire. Près d’un tiers sont persuadés qu’ils ne connaîtront que la crise…

Pour autant, les jeunes ne baissent pas les bras : ils sont de plus en plus nombreux à s’engager dans la vie associative (+ 32 % en trois ans) et 90 % considèrent le travail et la famille comme la principale source d’épanouissement.

Le Département s'engage pour la jeunesse

Responsable des collèges, à travers les contrats éducatifs, de l’action culturelle et sportive, le Département consacre déjà 87 millions d’euros à la jeunesse. En mars dernier, il a voté un plan complémentaire de 600 000 euros pour donner davantage de place aux jeunes.

Le premier objectif est de développer l’esprit citoyen. Parmi les mesures phares, le développement du service civique au sein de la collectivité. « Cela se concrétisera par des missions d’intérêt général qui renforcent le lien social, comme la valorisation des espaces naturels sensibles ou la visite des personnes âgées, explique Martine Kohly, vice-présidente chargée du sport, de la jeunesse et de la vie associative. Le service civique est un formidable levier pour l’insertion. Nous voulons permettre au plus grand nombre d’y accéder. Aucun diplôme ne sera exigé. Des formations seront mises en place pour qu’ils saisissent cette occasion pour trouver leur voie. » L’investissement associatif sera aussi encouragé. Pour ce faire, le Département organisera des rencontres du bénévolat pour que les jeunes trouvent une association où s’engager. Et une application mobile sera développée pour faciliter les mises en relation.

Rapprocher les jeunes du monde professionnel

Le deuxième enjeu est l’emploi. En Isère, plus d’un tiers des demandeurs d’emploi ont moins de 25 ans et 3 000 Isérois de cette tranche d’âge bénéficient de mesures d’insertion.

Le Département a signé une convention avec les chambres consulaires pour rapprocher les jeunes du monde de l’entreprise et leur faire découvrir les métiers, avec un accent particulier sur les secteurs en tension.

Mieux connaître la jeunesse

Enfin, le Département souhaite avoir une meilleure connaissance de la jeunesse et mieux coordonner les actions en sa faveur. Une instance réunissant tous les acteurs qui travaillent avec les jeunes (Education nationale, associations d’éducation populaire, Protection judicaire de la jeunesse…) sera créée.

L’enjeu est d’organiser des groupes de réflexion jeunesse dans l’ensemble des territoires pour apporter des réponses mieux adaptées aux besoins. « La jeunesse bouge et l’Isère doit s’adapter. Nous ne voulons pas construire une société pour les jeunes mais avec les jeunes en leur donnant la place qui leur est due », répète Jean-Pierre Barbier, président du Département de l’Isère.

  • Lucas Perret ©F. Pattou

LUCAS PERRET, 21 ANS, CADET DE LA GENDARMERIE

“LA VOLONTÉ,  ÇA SE CONSTRUIT”

“Notre société manque de repères et cela met en péril la démocratie. Il faudrait inciter davantage les jeunes à jouer un rôle actif dans la société”, encourage Lucas, qui a lui même voulu donner l’exemple en intégrant la promotion 2015/2016 des Cadets de la gendarmerie.
 
Patriote dans l’âme, l’adolescent, en seconde au lycée Elie Cartan de La Tour-du-Pin, souhaite un jour pouvoir endosser l’uniforme pour secourir les personnes et défendre les valeurs de son pays.
 
Un rêve de gosse qui lui trotte dans la tête depuis tout petit. “Je voulais avoir un aperçu du métier. Cette immersion dans l’armée m’a appris à persévérer dans la rigueur et à dépasser mes limites. J’en ressors très motivé.”
 
  • Anne-Sophie Attaway ©F.Pattou

ANNE-SOPHIE ATTAWAY, 18 ANS, SAPEUR-POMPIER VOLONTAIRE

“SE RENDRE UTILE EST IMPORTANT"

“La vie humaine compte plus que tout”, affirme Anne-Sophie Attavay. Depuis deux ans, la jeune fille est sapeur-pompier volontaire à la caserne de Montalieu-Vercieu.

Son enfance passée aux côtés d’un père, d’un frère, d’un parrain et d’un cousin sapeurs pompiers a forgé sa vocation. Durant son temps libre, la nuit, le week-end et les jours fériés, elle se rend disponible pour assurer la réponse aux secours.

Elle encadre aussi les jeunes sapeurs-pompiers volontaires de la caserne et effectue actuellement un service civique au Service départemental d'incendie et de secours de l’Isère.

"Après mon bac, j’ai souhaité mettre mes études entre parenthèses pour transmettre ma passion aux collégiens. Mon objectif est de tenter le concours d’infirmière."

  • Flora Tiranno ©F. Pattou

FLORA TIRANNO, 21 ANS, APPRENTIE EN BREVET DE MAÎTRISE ESTHÉTIQUE, COSMÉTIQUE ET PARFUMERIE

“METTRE TOUTES LES CHANCES DE SON CÔTÉ”

« Les jeunes ont des capacités. Les adultes doivent les aider à construire leur vie. » Flora, habitante de Tignieu-Jameyzieu, est passionnée par les métiers de la beauté.

« J’avais le niveau pour intégrer une filière générale, mais j’ai préféré l’apprentissage avec des études en alternance pour me donner toutes les chances de trouver un emploi. » Chaque semaine, Flora va deux jours à l’école au centre d’apprentissage de Bourgoin-Jallieu et travaille quatre jours en institut.

« L’avantage est de pratiquer avec un artisan en complément de la théorie. Cela me permet aussi de percevoir une petite rémunération et de mettre de l’argent de côté pour mon avenir. » Son rêve : devenir enseignante et transmettre à son tour sa passion à des jeunes qui comme elles, ont le goût de l’esthétique.

  • Audrey Malbrel ©F. Pattou

AUDREY MALBREL, 24 ANS, AMBASSADRICE DES DROITS DE L’ENFANT

“DÉFENDRE L’ESPRIT CITOYEN”

« Les jeunes peuvent participer dès aujourd’hui à la construction du monde de demain. Pour cela, il faut qu’ils s’engagent et prennent au plus vite des responsabilités. » Depuis la rentrée 2015, Audrey, jeune grenobloise, est en service civique comme Jeune ambassadrice des droits de l’enfant (JADE) au Département de l’Isère.

« Après une année en droit sans succès et ma licence d’allemand, j’ai voulu prendre une année pour souffler. Je ne savais pas trop vers quel métier m’orienter. J’ai eu un coup de cœur pour le programme JADE qui associait enseignement et droit de l’enfant. Cette expérience m’a appris à travailler en équipe et à m’organiser. Un vrai travail sur moi-même qui m’a aussi permis de trouver ma voie. »

A la fin de sa mission, Audrey tentera le Capes pour devenir professeur d’allemand.

  • Martine Kohly, vice-présidente chargée de la jeunesse, du sport et de la vie associative © F. Pattou

“NOUS DEVONS FAIRE CONFIANCE AUX JEUNES”

Questions à Martine Kohly, vice-présidente chargée de la jeunesse, du sport et de la vie associative.

Vous avez voté, en mars dernier, un plan pour la jeunesse. Quelle est sa philosophie ?

Nous voulons valoriser la citoyenneté et l’engagement. Ce principe est un axe fort de la mandature et concernant les jeunes, il revêt une importance capitale.

La jeunesse est une phase de transition vers l’autonomie. C'est la période où tout se construit, où l’on prend conscience de son potentiel et où on bâtit des projets.

C'est aussi à ce moment qu’il faut inculquer des valeurs fortes comme le respect, le partage et le sens de la responsabilité. Nous avons déjà un levier formidable avec les actions que nous mettons en place dans les collèges via les contrats éducatifs ayant vocation à devenir un « Pass isérois du collégien citoyen », pour l’accès au sport et à la culture.

Comment sera-t-il mis en place ?

Quatre territoires tests ont été définis : le Grésivaudan, la Bièvre-Valloire, l’Isère rhodanienne et l’agglomération grenobloise.

Ce plan sera construit avec l’ensemble de nos partenaires : associations subventionnées par le Département, Education nationale, Protection judiciaire de la jeunesse… Il sera ensuite généralisé à l’ensemble de l’Isère.

Quels sont vos objectifs ?

30 services civiques seront déployés dans nos directions d’ici à la fin 2016. Nous voulons valoriser les projets des jeunes, leur permettre de révéler leurs talents.

Mais aussi tirer vers le haut ceux qui sont en difficulté. L’engagement bénévole peut être un déclic pour trouver sa voie, l’occasion de se rendre utile et un tremplin vers l’emploi.

L’important, c’est de faire confiance aux jeunes et de reconnaître leurs capacités.

  • Michel Fize, sociologue spécialisé dans les questions de jeunesse ©DR

“RESPONSABILISER LA JEUNESSE”

Questions à Michel Fize, sociologue spécialisé dans les questions de jeunesse et auteur du livre Jeunesse à l’abandon.

Quels sont les principaux problèmes des jeunes, leurs attentes vis-à-vis de la société ?

Ils sont les premières victimes de la crise économique, les plus nombreux à occuper des emplois précaires et à enchaîner les CDD. C’est une génération pressurisée.

Nous assistons aussi à une crise de la transmission. On ne transmet plus de valeurs, ni de savoir-faire et chacun doit se bricoler son identité.

Malgré tout, cette génération est courageuse. Elle veut prendre sa place et s’investir dans la société. Pour preuve, l’essor de l’économie numérique avec de plus en plus de jeunes qui créent leur emploi et inventent de nouvelles façons de travailler.

De quels stéréotypes souffrent les jeunes ?

On dit du mal des jeunes depuis Socrate. Il s’agit d’un bizutage social pour les exclure délibérément de la société.

Pour preuve, les adultes s’approprient les qualités qu’ils reconnaissent à la jeunesse comme le dynamisme et l’inventivité. Mais quand ils s’oublient, ils la décrivent comme violente, insouciante, irresponsable…

Comment faire davantage de place aux jeunes dans la société ?

Il faudrait créer en France un grand ministère de la jeunesse et de la solidarité entre les générations qui permette d’aborder de manière transversale les questions de logement, de santé et d’emploi.

Je suis aussi pour l’abaissement du droit de vote à 16 ans, sans baisser pour autant l’âge de la majorité. Il faut sortir de l’idée que les jeunes manquent de sérieux.

On devrait leur donner la possibilité de diriger une association sans autorisation parentale et d’exercer au plus tôt des responsabilités.

 

 
  • Arnaud Rodrigues © F. Pattou

ARNAUD RODRIGUES, 21 ANS, BÉNÉVOLE DANS UNE ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DU PATRIMOINE

“IL FAUT DONNER DE SON TEMPS"

« Je trouve ma génération un peu passive et pas assez investie dans la vie associative », déplore Arnaud Rodrigues, de Pontcharra. Etudiant en troisième année d’histoire, il est bénévole à l’association de sauvegarde et de valorisation de Fort Barraux, l’une des plus anciennes places fortes des Alpes.

Un engagement qui coulait de source pour ce féru d’histoire. « Dans le cadre de mes études, je réalise un mini-mémoire sur Antoine de Reynold, commandant du fort de 1630 à 1638. A ce titre, j’ai déjà recueilli une quinzaine de documents que j’ai numérisé au profit de l’association. Ce travail bénévole m’a permis de me rendre utile et de trouver ma voie. » Arnaud souhaite devenir médiateur du patrimoine.

  • Emilien Garrin ©F. Pattou

ÉMILIEN GARIN, 19 ANS, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION JEUNESSE DU SOUVENIR FRANÇAIS

“NOUS AVONS UN DEVOIR DE MÉMOIRE”

« La plupart des jeunes n’ont pas conscience des combats menés par nos ancêtres pour défendre la liberté », rappelle Emilien. Depuis novembre 2015, le jeune turripinois, passionné d’histoire, est président de la commission jeunesse du Souvenir français de La Tour-du-Pin.

« L’objectif de l’association est de rappeler les conflits qu’a vécu la France au cours du siècle dernier, les grands noms de la Résistance et les hommes qui sont morts au combat. Nous retraçons leurs parcours militaires et faisons des recherches auprès des familles pour perpétuer leur souvenir. Nous avons un devoir de mémoire à l’égard des anciens combattants. Il faut continuer à se battre pour la démocratie. »

  • Clément Auria ©F. Pattou

CLÉMENT AURIA, 13 ANS, PRIMÉ AU CONCOURS LÉPINE 2016

INVENTER DEMAIN

« Il faudrait inciter les jeunes à inventer dans tous les domaines ! », propose Clément, 13 ans. Ce jeune collégien grenoblois n’a pas attendu.

Il est le plus jeune inventeur inscrit au concours Lépine de mai dernier. A cette occasion, il a reçu la médaille d’argent et le trophée 2016 de la Revue du Mérite agricole pour avoir mis au point un robot arracheur et planteur de vigne.

« L’idée m’est venue, il y a quatre ans, en voyant mon grand père vigneron se tuer à la tache en arrachant les plans de vigne à la main. » Clément espère bien commercialiser son ambition. Il a aussi plein d’idées dans sa tête pour améliorer notre quotidien.

  • Clément Janet ©F. Pattou

CLÉMENT JANET, 13 ANS, DÉLÉGUÉ DE CLASSE

“ON DOIT SE PRÉPARER À LA VIE D’ADULTE”

« J’ai l’impression que le respect se perd : les jeunes ne savent plus se parler sans s’insulter. » En 5e au collège Flavius Vaussenat d’Allevard-les-Bains, Clément est délégué de classe et prend son rôle très au sérieux.

« Etre délégué, ce n’est pas faire passer ses idées au premier plan, mais représenter l’ensemble des élèves auprès des professeurs. Pendant les cours, je suis très attentif au comportement de chacun. Quand un copain pose des problèmes, je cherche à savoir pourquoi : s’il y a des difficultés dans sa famille… J’essaie de calmer le jeu avant qu’il ne soit trop tard. »

Clément a aussi créé un club vidéo pour l’ensemble des classes de 5e, qui fonctionne tous les mardis après 16 heures et rassemble une quinzaine d’adhérents. Plus tard, il souhaiterait devenir comédien.

CINQ INITIATIVES EXEMPLAIRES

Pour s’engager dans le monde associatif, les jeunes ont besoin que les adultes leur montrent le chemin. Exemple avec cinq initiatives qui favorisent le volontariat.

  • EFMA ©DR
RÉCONCILIER LES JEUNES
AVEC L’ENTREPRISE
 
D’un côté, des chefs d’entreprise qui ont une mauvaise opinion des jeunes et les trouvent « rebelles ». De l’autre, des jeunes qui se méfient des patrons et ont bien du mal à trouver leur voie.
 
Pour rapprocher ces deux mondes, le Département, en partenariat avec les chambres consulaires, a décidé d’engager des actions pour valoriser l’image de l’entreprise auprès des jeunes.
 
En 2016, 63 730 euros ont été alloués pour mener des opérations de sensibilisation auprès des collégiens et lycéens : forums, journées portes ouvertes dans les territoires…
 
« Avec plus de 250 métiers, l’artisanat offre un grand choix de carrières, rappelle Thierry Joseph, directeur de la formation à la Chambre des métiers et de l’artisanat de l’Isère. Nous voulons aussi promouvoir l’apprentissage : dans 90 % des cas, les jeunes trouvent un emploi six mois après leur formation. »
 
De leur côté, les chambres de commerce et d’industrie de Grenoble et du Nord-Isère proposeront des stages d’immersion en entreprise et organiseront des actions pour aider les jeunes à choisir leur voie.
 
Selon une étude de l’Observatoire des politiques de la jeunesse, 70 % des jeunes commencent à réfléchir à leur orientation en terminale. Or, deux sur trois souhaiteraient être accompagnés dans leur démarche dès le collège. 
 
  • cadets de la geendarmerie ©DR

DÉFENDRE
LES VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE

Après les attentats de novembre 2015 qui ont endeuillé la France, les jeunes font preuve d’un enthousiasme grandissant pour les métiers de la gendarmerie. En un an, le nombre de postulants au concours de gardien de la paix a augmenté de 47 %.

Faire découvrir la gendarmerie, mais aussi promouvoir le sens civique et le respect des différences à travers des projets collectifs : tels sont les objectifs des Cadets de la gendarmerie.

Créée en Isère en 2002, cette association, soutenue financièrement par le Département depuis 2015, prépare chaque année 24 jeunes de 16 à 21 ans au concours de la gendarmerie : 63 heures de cours à raison de 21 mercredis après-midi dans deux lycées isérois – le lycée Léonard de Vinci de Villefontaine et le Lycée du Grésivaudan à Meylan - dans le cadre d’un partenariat avec l’Education nationale établi en 2006.

Trois stages sont aussi organisés pendant les vacances scolaires à l’école des pupilles de l’air de Montbonnot-Saint-Martin. « La gendarmerie, ce sont plus de 400 métiers différents. C’est aussi un état d’esprit », rappelle Christian Lachenal, le président. L’objectif est aussi de promouvoir l’égalité des chances auprès de jeunes issus de milieux défavorisés. »

A l’issue de leur formation, un brevet des Cadets leur est délivré. 15 % entreront dans la gendarmerie, dont 7 % comme réservistes.


Contact : 06 11 28 63 99

  • uni-cités© F. Pattou

ENCOURAGER
L'ENGAGEMENT CITOYEN

Les jeunes ont un fort besoin de s’engager et de se rendre utiles à la société. D'après l'Observatoire de la jeunesse, les deux tiers des 18/25 ans se disent prêts à réaliser un service civique si on leur en donnait les moyens.

Instauré par l’Etat en mars 2010, le service civique s’adresse aux 16/25 ans désireux d’effectuer une mission d’intérêt général dans le secteur non-marchand.

Concrètement, le jeune est recruté pendant 6 à 12 mois avec un salaire de 573 euros par mois pour 24 à 48 heures hebdomadaires.

« Les candidats sont sélectionnés sur leurs motivations. Nous veillons aussi à ce qu’ils soient issus des tous les milieux pour favoriser la mixité sociale », explique Myriam Zaghouane, responsable d’antenne à Unis-cité, une association nationale chargée de faire le lien entre le jeune et les organismes.

Le Département souhaite développer le dispositif au sein de ses services et auprès de ses partenaires. Ainsi, le SDIS 38 recrute actuellement deux jeunes en service civique pour inciter les collégiens à devenir pompiers volontaires.

Le Département accueille lui-même quatre jeunes qui effectuent un service civique auprès du Défenseur des droits des enfants. Leur mission, promouvoir les droits de l’enfant et lutter en intervenant dans les collèges.

86 % des anciens volontaires estiment que le service civique leur a permis d’acquérir une expérience utile pour leur avenir professionnel et 61 % considèrent qu’il les a aidés à trouver du travail.

  • Adiij © F. Pattou

FAIRE BON USAGE
DU NUMERIQUE

Aujourd’hui, plus de 90 % des 15/17 ans ont un profil Facebook. Les jeunes s’y mettent en scène, expriment leurs opinions et intérêts personnels et rendent publiques leurs relations.

Pour ces raisons, ils s’exposent de plein fouet aux risques de harcèlement et de manipulation.

Depuis janvier 2015, l’Adiij (Association départementale d’information et d’initiative jeunesse) intervient dans les collèges de Varces et de Villard-de-Lans auprès des classes de 4e avec un jeu permettant de faire prendre conscience aux jeunes des dangers des réseaux sociaux et de la nécessité de protéger leur vie privée.

« Nous leur apprenons aussi à avoir une vision critique par rapport à l’information et à repérer les pièges à éviter », explique Nathan Kennedy, directeur du pôle jeunesse de l’Adiij.

Pratiqué pour l’heure à titre expérimental, ce jeu pourrait être généralisé à l’ensemble des collèges de l’Isère.

  • Atelier transport au collège de l'Isle © DR

DEVENIR RESPONSABLE
DE L’ENVIRONNEMENT

90 % des 15/30 ans se disent préoccupés par l’avenir de la planète et la protection de l’environnement. Depuis la rentrée 2015, le collège de l’Isle à Vienne met cette question au cœur des débats.

Deux enseignants, Florence Beaume et Gaëtan Barbezange, ont ouvert un atelier pour sensibiliser les élèves au développement durable à travers une réflexion sur les modes de déplacement.

Ce projet, intitulé « Se déplacer en Europe au quotidien, réalités et perspectives », est intégré dans un programme européen Erasmus qui implique des collégiens roumains et allemands.

Il se déroulera sur deux ans. A Vienne, 16 élèves de 5e et de 4e vont travailler sur le sujet. « L’objectif est de les sensibiliser aux initiatives privées, publiques et associatives qui apportent de nouvelles solutions en terme de déplacement », explique Gaëtan Barbezange.

Les élèves devront réfléchir sur l’organisation des transports à Vienne et en Isère. Des techniciens du Département, qui viennent animer des ateliers et des visites en Roumanie et en Allemagne, leur permettront de comparer les pratiques adoptées dans chaque pays.

 

Publié le : 
06 juin 2016