Santé

Transmise par une morsure de tique, la maladie de Lyme peut provoquer des troubles neurologiques et articulaires très invalidants. L’été étant propice aux balades dans la nature, la vigilance s’impose.

Par Sandrine Anselmetti

  • Une tique ©Fotolia

LA SAISON DES TIQUES

Ces petits parasites sont surtout actifs d’avril à octobre, dans les forêts, les prairies et les champs, où le gibier et les rongeurs sont une nourriture de choix.

La tique attend sur les feuilles et les hautes herbes qu’un être vivant passe et elle se laisse tomber pour s’accrocher et se nourrir de son sang.

C’est ainsi qu’elle peut accidentellement contaminer l’homme. Parmi les personnes à risque, les forestiers, les chasseurs et les promeneurs.

La morsure de tique est indolore. La transmission de la maladie de Lyme par sa salive dépend du temps pendant lequel elle reste accrochée : en dessous de 24 heures, le risque est relativement faible.

La tique peut piquer n’importe où, mais elle préfère les endroits chauds et humides : aisselles, plis des genoux et des bras, région génitale, cuir chevelu, orteils.

Chaque année, en France, environ 27 000 personnes seraient touchées par la maladie de Lyme, selon l'Institut national de veille sanitaire (InVS). Egalement appelée "borréliose de Lyme", cette infection bactérienne est transmise à l'homme par une morsure de tique.

En raison de ses symptômes variés, elle est parfois surnommée la "grande imitatrice" ou la "maladie caméléon". Elle peut en effet avoir plusieurs visages.

Au premier stade de la maladie, entre trois et 30 jours après la contamination, une zone rouge circulaire et plus claire au centre (comme une cible) apparaît autour de la morsure et s’étend progressivement durant quelques jours à quelques semaines : c’est l’érythème migrant, première manifestation de la maladie dans 80 % des cas.

« Ce signe est caractéristique et nécessite un traitement antibiotique d’une semaine. Mais parfois la personne est contaminée sans que l’érythème apparaisse ou sans qu’il soit perçu », souligne le professeur Jean-Paul Stahl, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Grenoble.

En l’absence de traitement pendant cette phase précoce, de nouveaux symptômes apparaissent dans 15 % des cas, quelques semaines à quelques mois après la contamination. « Il s’agit de manifestations inflammatoires articulaires ou neurologiques. Les formes les plus courantes sont les arthrites ou la paralysie faciale », explique le médecin.

On dénombre en moyenne
43 cas pour 100 000 habitants

A ce stade, le traitement consiste en l’administration d’un antibiotique durant deux à trois semaines. Si l’infection n’est pas traitée, une troisième phase peut apparaître, avec des atteintes neurologiques (encéphalomyélite, polyneuropathies), cutanées (acrodermatite chronique atrophiante) ou articulaires (arthrites chroniques). Le traitement repose alors sur des anti-inflammatoires.

A l’heure actuelle, la borréliose de Lyme est considérée comme une maladie rare. Mais la communauté scientifique est divisée sur ce point. Certains médecins et des associations estiment qu’elle est largement sous-estimée en France.

Selon l’InVS, son incidence serait en moyenne de 43 cas pour 100 000 habitants, avec toutefois de fortes disparités régionales et des incidences plus élevées dans l’Est de la France, où la végétation se prête particulièrement à la présence des tiques.

www.invs.sante.fr

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REPÈRES

PRÉVENIR LA MALADIE

A chaque sortie dans la nature, prévoir une tenue couvrante (vêtements longs, chaussures fermées, casquette, pantalon rentré dans les chaussettes).

Rester au maximum sur les chemins, éviter les broussailles. Au retour, bien s’inspecter tout le corps et, si possible, se faire inspecter.

En cas de découverte d’une tique, la retirer au plus vite avec un tire-tique (vendu en pharmacie), afin d’éviter que la tête ne reste dans la peau.

Surtout ne pas se servir d’éther ou d’alcool car ces produits font régurgiter l’acarien, ce qui augmente le risque de contamination.

Désinfecter le point de morsure, puis surveiller attentivement l’apparition d’un érythème migrant pendant un mois.

Publié le : 
06 juin 2016