• Crédit photo : DR

Saint-Antoine-l’Abbaye

médiéval et vivant

Territoires

C'est l'un des 153 « plus beaux villages de France ». Un bourg de charme au milieu des bois, aux nombreux joyaux architecturaux et attraits culturels, qui bénéficie d'un supplément d'âme.

Par Corinne Lacrampe

  • Le village de saint-Antoine-l'Abbaye

 

Saint-Antoine-l’Abbaye, c'est tout à la fois un riche patrimoine médiéval et un bourg de son temps, dynamique autour du tourisme, de la culture et de l'artisanat.A l'orée de la forêt de Chambaran, en pays de Saint-Marcellin, il attire 200 000 visiteurs par an.

Passant la Porterie aux tuiles vernissées qui s'ouvre sur la Grande cour plantée de tilleuls, on est tout de suite transporté dans l'histoire des hospitaliers de Saint-Antoine (1297-1777).

C'est à eux que l'on doit la transformation du modeste village rural en prestigieuse cité hospitalière.

Vers 1070, selon la légende, Jocelyn de Châteauneuf rapporte de Constantinople les reliques de saint Antoine réputées protéger du terrible mal des — lié à un parasite présent dans le seigle qui fit des milliers de victimes.

Dès lors, les pèlerins affluent et les bénédictins, premiers occupants des lieux, veillent sur les reliques. Ils fondent un prieuré et assurent le service spirituel, alors que des sœurs et des frères, installés à proximité avant 1130 se chargent de l'accueil des malades.

Ces hospitaliers obtiennent au milieu du XIIe siècle, entre autres privilèges, le droit de quête et essaiment en Europe. En 1290, les bénédictins quittent la place et une abbaye est fondée sous l'égide des hospitaliers de Saint-Antoine ou Antonins qui construisent plusieurs hôpitaux aux portes de l’Abbaye.

L'Ordre s’éteint en 1777, et la cité s’endort jusqu’à l’arrivée de Prosper Mérimée qui, en 1840, sauve l’église abbatiale en la protégeant au titre des monuments historiques.
 

> UNE SPIRITUALITÉ TOUJOURS TANGIBLE

Les bâtiments délaissés par les chanoines ont été depuis réhabilités en espaces culturels avec le musée départemental et l'ancienne abbaye a été investie, en 1987, par la communauté de l'Arche.

Les pèlerins cheminent de nouveau en direction de Saint-Antoine-l’Abbaye. Au label « plus beau village de France » obtenu en 2010, s'est ajoutée en 2015 une première étoile au guide vert Michelin.

Une belle visibilité pour la commune et ses trésors qui s'anime dès les beaux jours : ne manquez pas cet été la nouvelle exposition du musée départemental, consacrée aux Bâtisseurs d'éternité, le festival Textes en l'air (du 27 au 31 juillet) et la fête médiévale traditionnelle (les 6 et 7 août).

www.saint-antoine-labbaye.fr

www.tourisme.pays-saint-marcellin.fr

 

REGARDS SUR SAINT-ANTOINE-L'ABBAYE

La cité abbatiale offre à ses habitants un cadre de vie unique ©F. Pattou
L’église abbatiale, imposante et flamboyante ©F. Pattou
Le clocher de l’église ©F. Pattou
La Porterie aux tuiles vernissées, où logeait le gardien du monastère ©F. Pattou
La Grande cour intérieure, plantée de tilleuls ©DR
Le musée départemental et le jardin médiéval ©DR

SAINT-ANTOINE-L'ABBAYE

ET LE DÉPARTEMENT

Laura Bonnefoy et Bernard Perazio sont les conseillers départementaux du canton du Sud-Grésivaudan, qui inclut Saint-Antoine-l’Abbaye.

Le Département est très investi dans l'entretien et la restauration du patrimoine exceptionnel de ce village qui est un pôle culturel et touristique majeur en Isère.

Après la rénovation des Grands escaliers et du parvis de l’église abbatiale, financés à hauteur de 222 419 euros par le Département, la restauration de la façade occidentale de l’église est à l'étude ainsi que celle de six grandes toiles racontant la vie de saint Antoine.

Au cours des dix dernières années, le Département a investi plus de 1,1 million d'euros pour la sauvegarde du patrimoine de ce village hors du commun.

  • Démonstration de taille de pierre ©C. Lacrampe

VALORISER PATRIMOINE
ET SAVOIR-FAIRE

Ce bourg de 1273 habitants, fusionné depuis janvier dernier avec le village de Dionay, se distingue par une belle vitalité, avec 37 associations et des animations culturelles et artisanales tout au long de l'année.

Saint-Antoine-l’Abbaye est aussi connu pour ses ateliers d’artisans d'art (relieur, tailleur de pierre, enlumineur, potier, créateur de bijoux...) et pour ses produits du terroir.

Noix, fromages, miel, charcuterie, volaille, pain, apéritifs sont à l'honneur sur les tables des aubergistes, dans les épiceries à l'ancienne et sur le petit marché du vendredi soir, sous les halles du Bourg bas.

Le tourisme apporte sa pierre à l'économie locale avec un accueil diversifié : des chambres d'hôte, des gîtes, un hôtel, la communauté de l’Arche et même des cabanes dans les arbres.

Si la majorité des habitants actifs travaillent en dehors du bourg, la beauté du cadre et une ambiance paisible attirent toujours de nouvelles familles : en témoigne la présence de 111 enfants à l'école et la naissance d'une douzaine de petits Antonins par an.

  • Stéphane Beux ©C.Lacrampe

LES CABANES
DE FONTFROIDE

En 2013, Stéphane Beux occupait des fonctions importantes en Normandie lorsqu'il décida de changer de vie et de s'installer, avec sa compagne, Dominique, dans les bois de Saint-Antoine-l'Abbaye.

Là, ils achetèrent sept hectares embroussaillés qu'ils entreprirent de rendre accueillant sans les dénaturer. Après un an et demi d'aménagement, ces amoureux de la nature vous invitent à passer une nuit insolite dans l'une de leurs six cabanes perchées.

Du bûcheron au charpentier, en passant par le menuisier et l’ébéniste, tous les métiers du bois se sont relayés pour construire ces habitations singulières.

Chacune est originale, adaptée à son arbre et son environnement, équipée de toilettes sèches, d'éclairages solaire, de photophores et d'un chauffage au gaz.

Aux hôtes de hisser, chaque matin, le petit déjeuner de terroir déposé dans un panier. Un camp de base idéal sous le feuillage et les étoiles.

Depuis leur ouverture à l’été 2015, c'est le succès. Stéphane et Dominique ont encore plein de projets : tracer des itinéraires de randonnée depuis les cabanes, par exemple.

www.cabanes-fontfroide.com

REPÈRES

Vers 1070 : arrivée supposée des reliques de saint Antoine

1083-1089 : arrivée des bénédictins et construction d'une église pour les reliques.

Avant 1130 : création de la maison de l'Aumône pour les malades.

1290 : départ des bénédictins.

1297 : fondation de l’ordre des hospitaliers ou chanoines de Saint-Antoine. Le prieuré devient abbaye.

200 000 visiteurs par an (dont 50 000 visiteurs au Musée départemental, 15 000 au marché de Noël et 10 000 lors de la fête médiévale).

RACINES

Saint Antoine (251-356) est représenté avec un Tau coiffant son bâton pastoral, un cochon à ses pieds.

Croix de saint Antoine en forme de T, le Tau incarne la victoire du Christ sur toute forme de mal. Egalement emblème de l'ordre des Franciscains, il marque toujours le blason de la ville.

Le cochon est lié à l’histoire des Antonins. Après la chute mortelle du fils du roi Louis VI le Gros, causée par un cochon, en 1131, les porcs furent interdits en ville... à l'exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette suspendue à l’oreille.

Leur graisse était utilisée dans la confection d’onguents et leur viande utile pour nourrir les malades. Aujourd'hui, comme hier, saint Antoine est le patron des charcutiers.

 

FIGURES D'ICI

Laurence Gilibert a repris l'hôtel-restaurant Chez Camille en 2015. Une reconversion engagée pour cette enseignante et femme d'agriculteur soucieuse de valoriser les produits locaux. Au menu, poulets fermiers et convivialité. www.hotel-chezcamille.com

Guillaume Falconnet, 22 ans, se lève aux aurores pour faire le pain de Saint-Antoine, à l'ancienne, dans une bâtisse de galets transformée en boulangerie par ses prédécesseurs. Fabienne, sa maman, accueille la clientèle.

Alexandre Matraire, fan de rugby, brasseur de bière et producteur d'apéritifs, dirige le domaine du Bélier Rouge à Saint-Sauveur, et la boutique du même nom à Saint-Antoine, village de son épouse. En rayon ses bières, son pastis, ses vins de noix, chatons, abricots... www.belierrouge.fr

 

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Laurence Gilibert a repris l'hôtel-restaurant Chez Camille en 2015. Une reconversion engagée pour cette enseignante et femme d'agriculteur soucieuse de valoriser les produits locaux. Au menu, poulets fermiers et convivialité. www.hotel-chezcamille.com - Crédit photo : C. Lacrampe
Guillaume Falconnet, 22 ans, se lève aux aurores pour faire le pain de Saint-Antoine, à l'ancienne, dans une bâtisse de galets transformée en boulangerie par ses prédécesseurs. Fabienne, sa maman, accueille la clientèle - Crédit photo : C. Lacrampe
Alexandre Matraire, fan de rugby, brasseur de bière et producteur d'apéritifs, dirige le domaine du Bélier Rouge à Saint-Sauveur, et la boutique du même nom à Saint-Antoine, village de son épouse. En rayon ses bières, son pastis, ses vins de noix, chatons, abricots... www.belierrouge.fr - Crédit photo : C. Lacrampe
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LE SENTIER DU FLÂNEUR
ET LE PARCOURS DES ANIMAUX MÉDIÉVAUX

A Saint-Antoine, toutes les rues mènent à la cour et à l'église abbatiale. Ainsi en est-il du Sentier du flâneur (dépliant disponible à l'office de tourisme), itinéraire de ruelles en goulets dans la vieille ville, puis champêtre, en surplomb.

On peut aussi suivre les guides conférenciers des Amis des Antonins (bureau à la Porterie, entrée du vieux bourg). Parmi les thèmes proposés : le trésor de l'abbaye, les fresques murales de l'église, la médecine au temps des hospitaliers...

Egalement un bestiaire médiéval, parcours au sein de l'église à la rencontre des animaux peints ou sculptés, fabuleux ou domestiques.

Si le Sentier du flâneur est accessible toute l'année librement, les visites guidées des Amis des Antonins ont lieu du 1er avril au 30 septembre, de 14h à 17h, tous les jours (sauf lundi).

www.les-amis-des-antonins.com

  • Crédit photo : C. Lacrampe

LA RECETTE
DU VIN DE CHATONS

Rassurez-vous, on ne distille pas de petits chats pour élaborer cet apéritif ! Ces chatons-là sont les bourgeons du noyer.

A l'instar du vin de noix, le vin de chatons est un classique des apéritifs maison, à Saint-Antoine-l'Abbaye où les noyeraies abondent.

On le trouve en vente au Bélier Rouge, au bourg, et à la boutique des cabanes de Fontfroide.

Voici la recette, rien que pour vous !

  • Pour 5 litres : 500 gr de chatons cueillis en mai (de la taille d'une phalange), à faire macérer dans 4l de bon vin blanc (ou rouge) et 1l d’eau de vie avec 750 gr de sucre de canne.
  • Pour plus de saveur, on ajoute de la vanille, de la cannelle ou bien un zeste d'orange.
  • On laisse reposer une quarantaine de jours avant de filtrer et de mettre en bouteille.
  • On attend Noël pour consommer avec délectation et néanmoins modération ! 
Publié le : 
06 juin 2016