AU FIL

DE LA SOIE...

Actualité

Poursuivant son périple sur les routes antonines, la nouvelle exposition du musée de Saint-Antoine-l’Abbaye nous emmène cet été de Chypre à Florence, sur les rives du Danube ou du Bosphore, au temps des hospitaliers et des soyeux florissants… 

Par Véronique Granger

 

Le paisible bourg de Saint-Antoine-l’Abbaye, niché dans la verdure des Chambaran, semble bien loin aujourd’hui des routes de la soie et des grands axes stratégiques qui ont façonné l’Europe…

Des siècles durant, du Moyen Âge à l’époque moderne, ce joyau du patrimoine isérois fut pourtant le fief de l’un des plus puissants ordres hospitaliers du Vieux Continent, essaimant sur plus de 320 lieux prestigieux, du royaume d’Angleterre à la péninsule Ibérique, depuis Venise et les États italiens.“Au XVe siècle, l’abbaye de Saint-Antoine était l’un des sanctuaires les plus vénérés du Midi de la France”, rappelle Géraldine Mocellin, directrice du musée départemental.  

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, affaiblis par les guerres de Religion et les querelles fratricides, les antonins se tournèrent vers les arts et les sciences pour tenter de se maintenir à flot, forts de l’appui passé de leurs riches mécènes, tels les Médicis ou les Habsbourg.
 
 

>  LA PUISSANCE DE L'ORDRE BÂTISSEUR

 
 
Des rives du Danube à celles de la Méditerranée, les collections accumulées par les différentes commanderies mettent en lumière ce rayonnement artistique et intellectuel exceptionnel dont bénéficiaient les antonins via leur vaste réseau d’influence.
 
C’est aussi à cette époque que fut implantée à l’entrée du bourg une manufacture de soie florissante, par deux dynasties de soyeux qui en redessinèrent les contours. 
 
Déroulant le fil de la soie, le Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye nous raconte cette histoire à travers une sélection d’objets emblématiques analogues à ceux que les antonins virent jadis.
 
Peintures italiennes et flamandes, gravures, porcelaines ou textiles du XVIe siècle, glanés dans de prestigieux musées nationaux (le musée national des arts asiatiques-Guimet, l’Institut du monde arabe, le Louvre, le Mucem…), évoquent la puissance passée de l’ordre bâtisseur.
 
Un casque en fer damasquiné et incrusté d’or nous amènera ainsi à rencontrer le sultan ottoman Bajazet II, une délicate porcelaine nous introduira auprès de Philippe II d’Espagne, fils de Charles Quint.
 
Un beau voyage de l’Orient à l’Occident, le long des grandes voies commerciales et pèlerines.  
 
 

 REPÈRES 

 

>  DEUX EXPOSITIONS À SAINT-ANTOINE

 
« De soie et d’ailleurs, une histoire à la croisée des chemins »
  • Du 9 juillet au 8 octobre
« De soie et de papier, cerfs-volants d’Asie »
 
Apparus il y a 2 500 ans en Chine à des fins militaires, les premiers cerfs-volants étaient le plus souvent en soie jusqu’au Ier siècle. Ils revêtent aussi des fonctions magiques et religieuses, comme en Thaïlande ou en Corée… Aujourd’hui, cet objet étonnant continue d’inspirer de nombreux artistes.
Le Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye expose des pièces traditionnelles d’Asie issues de la collection Zéphyr (qui est la plus complète d’Europe).
  • Jusqu’au 12 novembre. 
 
Contacts : 04 76 36 40 68 - Ouvert en juillet-août tous les jours sauf le mardi.
 
 
 
 

 PARMI LES TRÉSORS PRÉSENTÉS 

Vue d’un port méditerranéen, Mathys Schoevaerdts. Flandre, XVIIe siècle. Huile sur toile. Saint-Omer, musée de l’hôtel Sandelin © L’œil de l’Iannick.
Flacon-reliquaire. Jérusalem, XIXe siècle. Verre Marseille, musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée © MuCEM / RMN-Grand Palais / Virginie Louis / Anne Maigret.
Marie, humble servante de Dieu, associée aux Antonins au pied de la Croix. In Livre d’Heures à l’usage des Antonins.1400 – 1499. Manuscrit sur parchemin. Clermont-Ferrand, bibliothèque du patrimoine © Bibliothèque du Patrimoine, Clermont Auvergne Métropole
Cadran solaire horizontal universel à fil-axe. Alexius Schniep. Autriche, XVIe siècle. Argent gravé et laiton doré. Ecouen, musée national de la Renaissance – Château d’Ecouen © RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda.
Casque ayant appartenu au sultan Bajazet II (1447 – 1512) Istanbul, XVIe siècle. Fer, or, laiton. Paris, musée de l’Armée © Paris – musée de l’Armée/RMN-Grand Palais / Pascal Segrette
Lampas lancé et broché ottoman à décor dit « aux quatre fleurs ». Empire ottoman, Brousse, début du XVIe siècle. Soie polychrome rehaussée de fil d’or. Paris, musée de l’Institut du monde arabe © IMA/E. Savel.
Publié le : 
06 juin 2017