MORESTEL

DES PEINTRES, DES POÈTES ET DES FLEURS

Territoires

Connue comme la cité des Peintres, Morestel s’affiche aussi « ville en poésie » et ville fleurie estampillée « 4 fleurs » – la seule en Isère. Visite guidée.

Par Corine Lacrampe

 

Coiffée d’une tour médiévale, cette petite cité de charme du Nord-Isère de 4 500 habitants se distingue par le cachet de son centre-ville avec ses maisons de pierre claire aux toits imposants.

Son nom nous ramène à ses origines : Mor évoque le promontoire rocheux où elle a été édifiée ; Estel, le cours d’eau qui coule au pied de ses remparts.

Autour, les quartiers résidentiels s’étendent. C’est que cette ville rurale, qui comptait moins de 1 300 habitants dans les années 1950, a vu sa population se multiplier après la construction de la centrale nucléaire de Creys-Malville en 1982, à 6,5 kilomètres de là.

Si cette dernière, arrêtée en 1997, est en cours de démantèlement depuis 2015, les résidences construites par EDF pour accueillir les salariés et cadres scientifiques constituent un parc important qui a permis à la commune d’étoffer sa population.

Ville résidentielle appréciée, à proximité de Bourgoin-Jallieu et au cœur d’Auvergne-Rhône-Alpes, Morestel accueille chaque jour 2 000 scolaires et offre 2 200 emplois, dont 230 pour l’hôpital, 190 pour la maison Cholat (voir encadré), 180 pour Nuvia (matériel pour le nucléaire)… 

 

> UN CERTAIN ART DE VIVRE

 

La ville n’est pas peu fière de ses « 4 fleurs », comme 250 autres villes en France. Mais la seule en Isère ! Les amateurs d’art et de patrimoine aiment cheminer dans ses ruelles charmantes, faire escale dans l’échoppe des artisans, visiter les galeries et les espaces d’exposition. La maison de François-Auguste Ravier, où vécut le peintre, est le point d’orgue de la visite (voir www.iseremag.fr).

Il faut longer le jardin des Poètes, où s’effeuillent des vers d’Alfred de Musset, Arthur Rimbaud ou Victor Hugo, rejoindre la tour médiévale, sa table d’orientation et, au sommet, admirer la vue plongeante sur la ville, face à l’église Saint-Symphorien, au clocher typique avec son étrange tourelle.

La cité est particulièrement animée le dimanche matin, jour de marché sous les halles. En été, un petit train touristique embarque les passagers.
 
Le grand projet d’un cheminement en encorbellement le long des remparts, avec aménagement semi-piéton de la place des halles, ajoutera au charme de cette ville coquette qui n’a pas fini de s’embellir.
 
Son slogan ? « L’art de l’avenir ! »
 
 

Site de l'office de tourisme de Morestel

Site de la marie de Morestel

Morestel - Expositions

MORESTEL ET LE DÉPARTEMENT

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Annie Pourtier, maire du Bouchage, et Christian Rival, maire de Morestel, sont les deux conseillers départementaux du canton de Morestel.

Le Département est un partenaire déterminant pour cette ville. Le nouvel hôpital a bénéficié pour son édification d’une aide du Département de 4 millions d’euros.

Parmi les grands projets aidés : un gymnase et une médiathèque.

Dans le cadre de la convention culturelle signée avec la commune, le Département soutient l’Association des artistes contemporains de la cité des Peintres (AACCP) et le Festival de poésie.

Par ailleurs, Morestel jouit de la présence d’un collège de 780 élèves.

 

REPÈRES

LE CANTON DE MORESTEL

25 communes, 38 000 habitants.

Les quatre communes les plus peuplées totalisent presque la moitié de la population : Les Avenières-Veyrins-Thuellin (7 600 habitants), Morestel (4 500), Montalieu-Vercieu (3 400) et Corbelin (2 300). Une dizaine de communes comptent moins d’un millier d’habitants. 

 

QUELQUES CHIFFRES

  • 1871 : construction des halles, qui abritent depuis 1948 le marché du dimanche.
  • 2 200 emplois sur la commune (ville et ZAC).
  • 2 000 élèves scolarisés à Morestel.
  • 240 km de sentiers balisés dans le pays des Couleurs.

DYNAMIQUE

ART PICTURAL ET JARDIN DES POÈTES 

 
En posant sa palette à Morestel, François-Auguste Ravier (1814-1895) a influencé l’avenir de la ville.
 
Cet ami de Corot, Daubigny et Flandrin, qui côtoie Ingres à Rome, réside un temps à Crémieu avant de se fixer en 1868 dans ce bourg rural et paisible aux belles bâtisses baigné de lumière.
 
Inspiré par ses couleurs, il y demeure jusqu’à sa mort, attirant ses illustres amis et de jeunes artistes, dont son élève François Guiguet, de Corbelin, qui composent l’École de Morestel. 
 
Aujourd’hui, la cité des Peintres programme sept expositions par an à la Maison Ravier, dans la tour médiévale, à Pictur’Halles ainsi que de nombreuses animations.
 
Par ailleurs, Morestel a mis en place un important concours annuel de poésie et un jardin des Poètes, qui lui ont valu l’obtention du label « Ville en poésie », en 2012.
 
L’image s’invite aussi dans la cité avec un club et un salon photo de qualité, ainsi qu’un cinéma d’art et d’essai. 
 
 

 

MORESTEL EN IMAGES

Depuis le sommet de la tour médiévale, le centre ancien de Morestel dévoile tout son charme.
Les remparts au pied de l’église vont être dotés d’un encorbellement pour cheminer jusqu’à la vieille ville.
La ville et les particuliers rivalent d’ardeur pour embellir Morestel et maintenir son classement « 4 fleurs ».
La maison Ravier, lieu d’expositions incontournable à Morestel.
Coucher de soleil sur l’étang de la Levaz à Morestel, aquarelle de François-Auguste Ravier.
Vue panoramique de Morestel.
  • Nadine Bertules

 PORTRAIT 

NADINE BERTULES OU LA LUMIÈRE JAILLISSANTE 

Attirée par les couleurs et le patrimoine de la cité des peintres, Nadine Bertules y a posé son chevalet voici une dizaine d'années.

Dans l'une des ruelles du centre ancien de Morestel, à proximité de l'église et de la tour, elle a ouvert sa galerie qui abrite également son atelier et offre une escale de choix lors d'un cheminement à la découverte des expositions morestelloises.

Cette artiste discrète, entièrement dédiée à son art, expose d'autres artistes et programme des cours et des ateliers ouverts à tous.

Nadine Bertules peint à l'huile et au couteau. C'est le mouvement, la lumière et l'âme qui jaillissent sur ses toiles. Le monde de l'invisible dit-elle.

Son travail a été récompensé d'une Toile d'Or (2015) par la Fédération nationale de la culture française.

 

 

RACINES

FRANÇOIS CHOLAT : 140 ANS DE CÉRÉALES


Autour d’un moulin du XVe siècle, Cholat est une entreprise-phare de Morestel. Fondée en 1877, elle travaille avec 2 000 céréaliers et 500 boulangers, dont la moitié en Isère, et fournit en aliments 5 000 éleveurs.
 
Meuniers depuis cinq générations, les Cholat ont pour particularité d’être tous des François. Les dirigeants actuels, les frères François-Claude et François-Christian, perpétuent la tradition.
 
La maison s’est diversifiée dès 1936 avec la production d’aliments pour le bétail, puis avec les semences, les engrais et produits phytosanitaires.
 
Aujourd’hui, Cholat développe la branche viticulture, arboriculture et maraîchage, et la filière bio : “Ce qui nous intéresse, c’est de valoriser notre terroir et ses agriculteurs dans le respect de l’environnement”, précisent les deux frères.
 

FIGURES DE MORESTEL : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Estelle Keller, mère de famille et sportive, préside depuis 2010 l’Union athlétique des Couleurs (UAC), comptant 150 adhérents et 100 bénévoles : course à pied, trail ou marathon, dont la Ronde des Couleurs (23, 13 ou 5 km).
Stéphane Gérente-Lapierre, chef de l’auberge du Fouron, invite la gastronomie à Morestel. Produits frais du terroir, herbes fines et fleurs du potager pour des assiettes inspirées et élégantes.
Sylvie Faroud a pris la suite de Gilbert Defrance à la gérance du Dauphin, le cinéma de son enfance et ses 160 sièges rouges. Au programme : art et essai, débats, ciné-enfants, retransmissions d’opéras…

INSOLITE

DES LITS ET DES CONFITURES CHEZ LES FRANCISCAINES

L'église Saint-Symphorien (XVe siècle), remarquable avec sa tourelle à poivrière et son clocher carré, domine les remparts et la ville.

A deux pas, il y a la maison des sœurs. Cette bâtisse historique sous son immense toit dauphinois aux tuiles écailles est dotée de fenêtres à meneaux et d'un magnifique jardin intérieur.

C'est l'ancienne maison forte des Montagnieu attestée en 1586 comme étant propriété d'Anne Romatier, dame de Marcollin.

Elle passera aux mains des Quinsonas, du fermier général Bernard de Marigny qui y installe un dépôt de sel, des Riondel et des Lassère.

Depuis 1950, elle est occupée par une communauté de huit religieuses franciscaines. Parmi elle, sœur Odile, originaire de Morestel et issue de la célèbre famille Cholat : «  Avant de revenir au pays, j'ai vécu plusieurs années en Côte d'Ivoire où nous avons un foyer où nous hébergeons 400 jeunes en difficulté et confectionnons des confitures, entre autres activités. A Morestel, c'est la paroisse qui a mis à notre disposition cette maison-forte. Pour aider à son entretien nous y avons ouvert quatre chambres d'hôte et un gîte. »

Outre une ambiance sereine dans un bel environnement historique, on trouve chez les franciscaines de Morestel... des confitures de Côte d'Ivoire.

ASSOCIATION 

LES AMIS DES ARTS ET DE LA MAISON RAVIER

Cette association aujourd'hui sous la présidence de Bernard Deviller et la vice-présidence de Bernard Chavanne a été fondée en 1989 sous l'impulsion de mécènes et passionnés d'art d'origine lyonnaise amoureux de la cité des peintres et de son artiste fétiche.

Association d’amis « atypique », l'AMRA (association des Amis de la maison Ravier), car elle finance entièrement les activités : expositions temporaires, acquisitions d’œuvre, publications.

On ne peut que féliciter pour entretenir et maintenir ouvert au public ce joyau architectural. Les amis y présentent dans une muséographie de qualité les œuvres de François-Auguste Ravier (1814-1895) et celles, récemment ajoutées, de son élève de Corbelin François Guiget (1860-1937) et surtout des expositions temporaires de haut niveau dont celle consacrée à Turner ou la toute récente dédiée à Roboa et Manzana Pissarro.

On se souvient aussi dans une programmation très éclectique mais toujours prestigieuse de la présentation d'une très belle exposition d'estampes japonaises signées Tsukioka Kôgyo (1869-1927) ou de celle consacrée à Georges Rouault.

 

Les amis de la maison Ravier

LA RECETTE

SALADE DE TILLEUL ET FENOUIL, RAVIOLES DE ROYANS ET SAUMON FUMÉ SUR VELOUTÉ D'ORTIES

 

Stéphane Gérente-Lapierre, chef de l’Auberge du Fouron, à Morestel, membre des Cuisiniers de métier du Nord-Isère, compose de magnifiques assiettes, inédites et savoureuses.
 
Les herbes de son jardin d’aromates et quelques plantes sauvages comestibles ajoutent au plaisir des yeux et des papilles.
 
Difficulté : deux toques - Temps de préparation 15 min, de cuisson 5 min pour l’oignon, 2 min pour les ravioles, de repos 10 min au frigo pour le velouté - 4 personnes
 
 

Ingrédients

  • 60 feuilles de tilleul
  • 1 bulbe de fenouil
  • 5 cl d’huile d’olive
  • 2 cl de sauce soja
  • 2 cl de vinaigre de citron
  • 150 g de ravioles
  • 150 g de saumon fumé
  • 1 oignon rouge
  • 10 cl de vinaigre blanc
  • graines de coriandre
  • feuilles de laurier
  • 60 g d’ortie en feuilles
  • 20 cl de fond blanc de volaille (ou bouillon cube)
  • 6 cl de crème
  • 0,5 g d’agar-agar
  • une pincée de massala
  • sel et poivre
  • arachides grillées concassées
 
Préparation
 
Blanchir à l’eau bouillante salée l’oignon rouge coupé en lamelles, puis cuire 5 min dans 10 cl de vinaigre blanc et 10 cl d’eau avec des graines de coriandre et une feuille de laurier. Blanchir les orties, puis les plonger dans de l’eau glacée, égoutter et hacher grossièrement.
 
Porter à ébullition le bouillon de volaille, la crème et l’agar-agar, ajouter épices, sel, poivre, feuilles d’ortie et mixer.
 
Dresser le velouté dans des assiettes creuses et réserver au froid. Couper en morceaux les feuilles de tilleul, en fines tranches le fenouil, assaisonner avec huile d’olive, vinaigre de citron et sauce soja. Couper le saumon en lanières. Cuire les ravioles.
 
Dresser les ingrédients au centre de l’assiette et saupoudrer de brisures d’arachide.
 
Publié le : 
06 juin 2017