VACCINS :

FAUT-IL CRAINDRE UNE PÉNURIE ?

Santé

Chaque année, le Département fournit gratuitement 35 000 doses de vaccins aux centres vaccinateurs de l’Isère. Les pénuries rencontrées depuis plusieurs mois pour certains vaccins recommandés ou obligatoires suscitent toutefois des inquiétudes. Explications. 

Par Véronique Granger

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la vaccination reste le moyen le plus sûr et le plus rentable en termes de santé publique, évitant de 2 à 3 millions de décès par an*.
 
L’explosion de la demande mondiale de vaccins, notamment dans les pays les plus pauvres, provoque toutefois des difficultés d’approvisionnement récurrentes pour certains vaccins pourtant obligatoires ou recommandés. 
 
Sachant qu’il faut au minimum un an et demi à trois ans pour produire un vaccin, de la sélection des microbes à la distribution des seringues, cette pénurie ne pourra pas se résorber en quelques mois.
 
“Les vaccins sont des produits très technologiques qui doivent être produits en flux tendus pour des raisons d’efficacité, avec des dates de péremption relativement courtes”, explique Luca Mollo, directeur médical de Pfizer France – l’un des premiers producteurs de vaccins au monde.
 
Ce délai de production très long s’explique aussi par le nombre de tests de contrôles auxquels sont soumis les vaccins : “On compte 600 étapes de contrôle différentes entre la conception et l’administration du produit, précise l’industriel. Ce qui fait sans doute des vaccins les médicaments les plus sûrs au monde !” 
 

 

> PAS DE RISQUES POUR LES VACCINS COMBINÉS

 

C’est ainsi que des vaccins obligatoires comme le DTP, qui protège les nouveau-nés de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite, sont devenus introuvables en ville. Idem pour le vaccin contre la coqueluche, l’hépatite A et l’hépatite B – « recommandés » dans le calendrier vaccinal.  Si la distribution de ce dernier vaccin est assurée à l’hôpital pour les sujets à risque, comme les insuffisants rénaux, elle est contingentée. 
 
Il est toutefois toujours possible de trouver des vaccins combinés, qui protègent contre six valences (maladies) à la fois. Avantage pour le patient : il ne se fait piquer qu’une seule fois.
 
L’OMS comme les grandes ONG de santé publique sont d’ailleurs très favorables à ces vaccins dits multivalents, qui permettent de réduire les coûts de stockage : aucune étude n’a démontré d’effets secondaires négatifs induits par la multiplication des vaccins, le système immunitaire humain étant à même de répondre à des millions d’antigènes en même temps*.
 
Si l’OMS a un sujet d’inquiétude, c’est bien le recul de la couverture vaccinale dans les pays occidentaux qui provoque le retour de maladies mortelles, comme la rougeole ou la tuberculose.
 
L’alerte a ainsi été donnée en mars dernier face à l’épidémie de rougeole qui sévit dans plusieurs pays d’Europe, dont la France : “Les autorités nationales devraient tout mettre en œuvre pour atteindre ou maintenir une couverture d’au moins 95 % de la population par deux doses de vaccin antirougeole”, prescrit Zsuzsanna Jakab, directrice Europe de l’OMS, dans un communiqué. 
 
 
* Source : Science et Vie

ZOOM

 

> UN CYCLE DE PRODUCTION TRÈS LONG
 

  • Sélection du microbe ou virus qui va stimuler le système immunitaire et déclencher la protection contre l’infection.
  • Mise en culture dans des cuves.
  • Récolte et purification des microbes obtenus (qui sont inactivés).
  • Ajout de stabilisateurs ou adjuvants de conservation (pour garantir la qualité du produit et renforcer la réponse immunitaire).
  • Répartition en doses standardisées.
  • Contrôle des lots par l’Agence nationale de sécurité du médicament.
  • Distribution aux centres vaccinaux et aux pharmacies.

 

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Publié le : 
06 juin 2017