Gens d'Isère
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Après un AVC, la peinture pour revivre

Par Véronique Granger


Jusqu’en 2009, Arnaud Lagarde était agent immobilier. Ultra sportif, toujours sur la brèche, ce jeune père de famille, alors âgé de 35 ans, faisait un trail au pic Saint Michel, dans le Trièves, quand un accident vasculaire cérébral (AVC) l’a stoppé net dans son élan.

Après trois mois dans le coma, deux opérations du cerveau et des années de rééducation pour réapprendre à lire, marcher, parler, Arnaud sait que sa vie ne sera plus jamais comme avant. Hémiplégique, il a perdu l’usage de son bras droit et garde des difficultés d’élocution.

Peindre une vie nouvelle

« J’ai la langue de broca, dit-il. Mais je comprends tout, parlez moi ! » Car le tempérament de feu et le désir de réussir sont toujours aussi ardents, bien que ralentis par le handicap.  Dès sa sortie de l’hôpital, Arnaud s’inscrit ainsi dans des ateliers de peinture.

Lui qui n’avait jamais peint ni dessiné auparavant se met à créer frénétiquement les couleurs, les matières. Influencé par Basquiat, « le clochard devenu milliardaire », il se lance ensuite dans le street-art avec des images inspirées des clubs de foot, des grandes métropoles...

Son espoir ? Pouvoir vivre de cet art qui lui a déjà redonné le goût de vivre.


www.facebook.com/arnolagarde38 

 

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Le Nord-Isère à cœurs ouverts

Par Sandrine Anselmetti


C’est tout un pan de vie de personnalités du Nord-Isère, intime et méconnu, que Paul Chauvin, 74 ans, a choisi de mettre en lumière.

Cet ancien cheminot, habitant de Four et correspondant du Dauphiné Libéré, est l’auteur de trois volumes intitulés Figures nord-iséroises : des recueils de portraits, dont le dernier est paru en 2015. Au total, une quarantaine de personnalités se sont confiées à lui. Parmi elles : Julien Bonnaire, international de rugby, Pierre Martinet, le “traiteur intraitable”, Bernard Saugey, sénateur et ex-président du Département, Rachel Lardière, médaillée paralympique…

Eloge de la rencontre

Mais aussi des “anonymes”, comme Lionel Montastier, greffé du cœur qui court aujourd’hui des semi-marathons, ou Fernand Delay, prêtre à Optevoz, personnage atypique et plein d’humour. « Tous ont quelque chose d’exceptionnel. J’ai voulu faire connaître ce formidable patrimoine humain du Nord-Isère », explique-t-il.

Sans détour, ils ont confié leurs souvenirs d’enfance, leurs coups durs, leurs joies et les étapes importantes de leur vie, illustrées de photos sorties des albums de famille. « Certains m’ont fait rire, d’autres m’ont ému aux larmes. Des rencontres authentiques et parfois surprenantes », conclut-il.


Ouvrages disponibles à l’espace culturel Leclerc à Bourgoin-Jallieu ou à la librairie Bellotto à Saint-Jean-de-Bournay.

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La « Gepetto » de Roybon

Par Annick Berlioz


Il était une fois une dame, installée à l’entrée de Roybon, village de 1 250 habitants situé en plein cœur de la plaine de la Bièvre, qui faisait rêver les enfants. Sylviane Giriat, 52 ans fabrique des meubles et jouets issus de la forêt de Chambaran et n’utilise que des peintures colles et vernis biologiques. Pinocchio, le fils de Gepetto aurait apprécié !

Sylvianne est l’une des rares femmes ébénistes spécialisées dans la création d’objets en bois pour enfants. Née à Lyon dans une famille de soyeux, elle exerce plusieurs métiers avant de rencontrer par hasard un artisan tourneur qui deviendra son mentor et lui transmettra sa passion.

Objets en bois recyclé

En 1993, elle ouvre un premier atelier en Savoie et cinq ans plus tard se fixe à Roybon. Equipée de quelques machines — scie à chantourner, ponceuse, perceuse, tour à bois… —, elle travaille essentiellement du bois local estampillé FSC : pour chaque arbre abattu, un autre est replanté.

Depuis 27 ans, elle s’approvisionne auprès de la même scierie à Saint-Véran. Souvent, des habitants lui apportent du bois dont ils veulent se débarrasser. Tous ses objets sont fabriqués à l’ancienne dans le respect de la tradition.

Des pièces préparées à la main

Pour réaliser ses personnages, elle s’appuie sur des gabarits en contreplaqué, qu’elle dessine sur une planche puis découpe à la scie. Chaque pièce est ensuite poncée et ébavurée au papier de verre manuellement.

Pour la peinture, Sylviane privilégie des couleurs plus douces que celles utilisées dans l’industrie. Elle a un catalogue de 250 produits, jouets et mobilier, consultable sur son site Internet mais elle peut aussi créer, sur commande, les articles dont vous rêvez.


Contacts : 04 76 38 64 81 - www.jardindeslutins.fr

 

 

 

 

 

 

Le sport pour grandir et s’épanouir

Par Richard Juillet


Animateur sportif professionnel et diplômé d'état, avec plus de 15 ans d'expérience, Yvan Gillet, 33 ans, croit dur comme fer aux valeurs du sport qu’il peut énumérer à l’infini : concentration, volonté, tolérance, solidarité, honnêteté, respect des autres, de soi, des règles, esprit d'équipe, goût de l'effort, courage, fair-play, dépassement de soi…

Des valeurs, des vertus qu’il a souhaité transmettre au plus grand nombre, à travers la structure qu’il a créé à Grenoble, en mars dernier, Vyvanim’Sport.

Des valeurs pour grandir, un sport pour s'épanouir

Indépendant et motivé, il se déplace depuis dans tout le Département avec son matériel pédagogique adaptable aux salles polyvalentes, aux cours de récréation, aux espaces verts et aux gymnases, et propose des séances physiques, sportives et collectives pour les enfants dès 7 ans, dans lesquelles se mélangent ateliers, parcours de motricité et jeux de balle. 

Chaque séance reprend un thème autour d’une valeur, et avec le carnet que chaque participant possèdera, l’enfant pourra lier la valeur évoquée entre ce qui se fait dans le sport et ce qui se fait dans la vie de tous les jours. L’idée est de créer une réflexion pour l’enfant sur le symbole d’une valeur qu’il peut rencontrer tous les jours, de la comprendre et de la partager.

« L'objectif est que l'enfant développe ses aptitudes physiques tout en apprenant les valeurs nécessaires à sa construction », explique-t-il.

Autre corde à son arc, l’organisation de manifestations sportives de type tournoi, l'animation de groupe d'enfants et d’adultes mais aussi des conseils sur la préparation physique et l'alimentation du sportif.


Contacts : vyvanimsport@gmail.com ; 06 59 45 92 82.  

  • Crédit photo / DR

Elle a créé les "blouses bleues" de Dapaong

Par Sandrine Anselmetti


Au dos de leurs blouses bleues, un slogan : Quartier propre, meilleure santé pour tous. A Dapaong, au Nord du Togo, une centaine de femmes s’est réunie en association autour de Myriam Cappello, volontaire humanitaire, pour collecter, trier et valoriser les ordures ménagères.

« Dans cette ville de 65 000 habitants, où seulement 2 200 foyers ont l’eau courante, la promotion de l’hygiène est un véritable enjeu de santé publique », souligne Myriam. Ancienne infirmière, cette Viennoise de 63 ans a toujours su qu’une fois à la retraite, elle se rendrait utile autrement.

Un engagement auprès des femmes

En 2011, elle retourne sur les bancs de l’école pour se former à la gestion de projet humanitaire. Son engagement la conduit à Dapaong. Là, durant deux ans, elle rencontre des femmes, souvent analphabètes, sans ressources, exclues… et les forme à l’hygiène et à la valorisation des déchets.

« Aujourd’hui, ces femmes sont des modèles dans leur quartier, où elles sont payées pour le ramassage des ordures. Elles ont découvert l'importance de l'hygiène mais aussi acquis une autonomie et un statut social. Elles fabriquent du compost pour cultiver du maïs. Et grâce à elles, le paludisme et les épidémies ont diminué », explique Myriam.

De cette expérience est né un livre : Femmes de Dapaong. Co-écrit par Myriam, il donne aussi la parole à ces femmes « pour faire connaître leur courage et l’impact de leur travail ».


femmesdedapaong.wordpress.com

Femmes de Dapaong, Ed. L’Harmattan, en vente dans les librairies et sur internet, au profit de l’association.

 

 

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Résistant, déporté, engagé

Par Richard Juillet


Comme les chats, il a eu plusieurs vies et, selon les circonstances, plusieurs patronymes aussi. Né en 1921, à Paris, Pierre Gascon se destinait à la prestigieuse école de Saint-Cyr. Mais au printemps 1940, face à l’offensive allemande, il doit évacuer Charleville-Mézières, ville où il réside avec ses parents.

La famille s’installe à Grenoble et Pierre entame des études d’ingénieur. A 19 ans, refusant la capitulation, il distribue des tracts et des journaux clandestins en faveur des Gaullistes. Mais les officines de renseignements le repèrent. Fuir Grenoble au plus vite le conduit à entrer en Résistance et à accepter différentes missions de repérage et de ravitaillement pour les maquis.

Libéré par les Américains

Il s’appelle désormais Gérard mais aussi Gargantua pour les intimes. Finalement, alors qu’il se rend dans le Jura, il est arrêté en gare de La Verpillière par la Gestapo et la Feldgendarmerie.

Interné à Lyon, il échappe de peu au peloton d’exécution mais est déporté au camp de Buchenwald. Il y arrivera le 28 octobre 1943 et le quittera le 8 avril 1945 pour une « marche de la mort ».

Après la guerre, un nouvel engagement

Matricule 30610, il sera libéré par les Américains, le 6 mai, à Salzburg, en Autriche. De retour à Grenoble, il s’engagera dans la vie associative et publique jusqu’à devenir premier-adjoint de la ville de 1983 à 1995 puis conseiller départemental.

Président de l’Association des déportés, internés et familles de disparus de l’Isère, Pierre Gascon est l’un des artisans de la création du Musée de la Résistance et de la déportation de l’Isère dont on fête cette année les 50 ans.

Publié le : 
04 avril 2016