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Vaccination

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Santé

30 % des Français seraient indécis par rapport à l’utilité de la vaccination. Pourtant, c’est la meilleure protection collective vis-à-vis de maladies infectieuses graves, voire mortelles, dont certaines font leur retour.

Par Sandrine Anselmetti

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Un rapport bénéfices-risques très favorable

Pourquoi la vaccination fait-elle l’objet de tant de méfiance ? La polémique la plus connue concerne le lien supposé entre le vaccin contre l’hépatite B et la survenue d’une sclérose en plaque.

Or, toutes les études internationales ont conclu qu’il n’y en avait pas. Seule l’association entre la vaccination contre le papillomavirus — responsable du cancer du col de l’utérus — et le syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux, a été observée : elle est très faible, avec 10 cas sur 1 million de vaccinées.

Se protéger d'autres syndromes

Pour le vaccin contre la grippe, ce risque n’existe pas. « C’est même l’inverse car la grippe elle-même peut déclencher un syndrome de Guillain-Barré, avec une incidence de 4 à 7 cas sur 100 000 personnes grippées. Le vaccin qui protège contre la grippe protège donc aussi contre ce syndrome. Le rapport entre les risques et les bénéfices d’un vaccin est toujours très favorable », rappelle le professeur Olivier Epaulard. 

La résurgence de maladies que l’on croyait disparues est un signe d’alerte. Ces dernières années, des épidémies de rougeole sont survenues en France et en Europe, causant des dizaines de morts.

En cause : une vaccination insuffisante, notamment chez les adultes. Entre 2014 et 2015, la couverture vaccinale a aussi baissé chez les nourrissons, selon l’Institut national de veille sanitaire : une chute de 5 % pour le vaccin hexavalent qui protège contre six maladies, dont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP) et la coqueluche.

Une méfiance qui n'a pas lieu d'être

Or, pour la plupart de ces infections, il faut un taux de couverture vaccinale supérieur à 90 % pour protéger la population. « Beaucoup de Français pensent à tort qu’il n’est plus nécessaire de se protéger contre des maladies dont on n’entend plus parler », déplore le professeur Olivier Epaulard, du service des maladies infectieuses du CHU de Grenoble.

La méfiance des Français vis-à-vis de la vaccination, geste essentiel de santé publique, a aussi tendance à croître. 30 % des Français seraient indécis. Soupçons d'effets secondaires, mauvaise gestion de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009, allégations infondées : les controverses sèment le doute.

Un moyen sûr de se protéger

« Tout comme les médicaments courants, certains vaccins peuvent avoir des effets indésirables. Mais ils sont exceptionnels. La vaccination reste le moyen le plus sûr et le plus efficace de se protéger des maladies. Le rapport entre le risque réel, le plus bas de tous les médicaments existants, et les bénéfices du vaccin est toujours très favorable », explique Olivier Epaulard.

Depuis son invention, la vaccination a permis de sauver des millions de vies dans le monde. En France, la diphtérie faisait 3 000 morts par an avant l’introduction du vaccin en 1945. On comptait jusqu’à 4 500 cas de poliomyélite et 1 000 décès causés par le tétanos.

Une protection pour les autres aussi

Grâce au vaccin, en France, ces maladies ont quasiment disparu. Mais les microbes n’ont pas de frontières et leur réapparition peut avoir lieu si la population n’est pas suffisamment vaccinée.

Etre vacciné, c’est aussi protéger les autres, surtout les plus fragiles : nouveau-nés, femmes enceintes ou personnes âgées. « Aujourd’hui, la coqueluche est l’une des premières causes infectieuses de mortalité infantile. Les parents toussent, mais les bébés en meurent », rappelle Olivier Epaulard. Dans plus de la moitié des cas, ce sont les parents qui contaminent leur enfant.


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Publié le : 
04 avril 2016