Ça s'explique

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ROUTES INTELLIGENTES, L'ISÈRE EN POINTE

Après les chemins muletiers, les voies romaines, les routes carrossables puis les routes bitumées… voici les routes de cinquième génération, « intelligentes » et productrices d’énergie. 

  • La RD531, entre Sassenage et Villard-de-Lans, est la toute première route équipée de capteurs communicants dans le cadre du projet Synchro.
  • Au premier plan, une unité de bord de route Syncro.
  • Dans la chaussée, un capteur collecte les données du trafic
Des routes plus sûres et durables, autoréparables, capables de prévenir votre véhicule des aléas climatiques et du trafic, et de le guider vers le meilleur itinéraire possible…
 
Cette voirie du futur ne relève plus de la science-fiction : les véhicules connectés puis autonomes sont attendus pour 2019 – et déjà presque tous les constructeurs automobiles, PSA en tête, proposent des fonctions de géolocalisation ou de détection de certains paramètres via un smartphone. 
 
Exploitant d’un réseau de 4 680 km de routes, dont 1 000 km situés à plus de 800 mètres d’altitude, le Département de l’Isère n’a pas attendu pour se positionner comme terrain d’expérimentation. Il est ainsi partenaire de plusieurs projets d’innovation européens. « L’objectif est d’améliorer la sécurité des usagers et de leur offrir de nouveaux services, tout en cherchant à optimiser la dépense publique », précise Marie-Pierre Fléchon, directrice des mobilités. 
 
Le programme « Syncro », dont la phase pilote s’est achevée avec succès en septembre dernier, a ainsi permis de développer et de tester en grandeur nature sur fonds européens un système innovant de recueil des données routières en temps réel dans le Vercors, entre Sassenage et la station de Villard-de-Lans : cinq bornes communicantes couplées à différents capteurs, dont certains enfouis dans la chaussée, informent le PC routier Itinisère et les véhicules connectés en wi-fi sur la densité du trafic, l’état de la chaussée, les temps de parcours, la météo (limite pluie-neige, par exemple).
 
« Jusqu’à présent, il fallait des équipements différents pour chaque type de données. C’est un réel progrès en termes de fiabilité, mais aussi de coût d’installation et de maintenance. Le Département va déployer ces capteurs sur ses grands axes structurants », précise Jean-Christophe Maisonobe, chargé du projet. 
 
 
 

>  DES ROUTES ET DES VÉHICULES QUI COMMUNIQUENT ENTRE EUX

 

Le programme « Scoop », qui s’achèvera en 2018, s’inscrit dans la continuité. Il s’agit de faire dialoguer la route avec les futurs véhicules connectés (qui pourront aussi communiquer entre eux), en imaginant tous les cas de figure possibles : obstacles rencontrés, automobiliste à contresens, présence de verglas, alerte chantier…

Avec 3 000 véhicules connectés de PSA et Renault et 2 000 km de route intelligente déployés, c’est le programme le plus ambitieux d’Europe en la matière. Cinq sites pilotes ont été choisis en France : l’Isère, mais aussi la rocade de Bordeaux, la région Ile-de-France, la Bretagne et l’autoroute de l’Est.

Le troisième projet en cours jusqu’en 2019, « Opéra », consiste à développer des capteurs vidéo à basse consommation pour surveiller des points routiers stratégiques isolés (par exemple, l’entrée d’un tunnel en montagne) et détecter automatiquement des incidents.
 
Différents prototypes seront testés. L’Isère a aussi postulé sur d’autres projets, concernant notamment la cybersécurité de la route communicante. La voirie de demain est en route ! 
 

INTERVIEW

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Bernard Perazio, vice-président du Département chargé des routes 

 

>  « FAIRE DE L'ISÈRE UN TERRAIN D'EXPÉRIMENTATION »

 

Isère Mag : Quels sont les enjeux de la route de demain ? 
 
Bernard Perazio : Le premier, c’est la sécurité et le confort des usagers. Demain, 80 % des déplacements continueront de se faire par la route, que ce soit en transports collectifs ou individuels ! Nous devons aussi nous préparer à l’arrivée des véhicules connectés, attendus dès 2020. Déjà, avec notre PC routier Itinisère, des panneaux à message variable vous informent en temps réel sur les points de congestion, les temps de parcours ou la météo*. À l’avenir, parmi d’autres innovations, le véhicule situé devant vous pourra prévenir d’un freinage brutal en cas d’obstacle. 
 
Côté revêtements routiers, de grosses évolutions sont aussi à l’œuvre avec de nouveaux enrobés fabriqués à basse température, moins gourmands en énergie ou plus silencieux.
 
Les nouvelles techniques de communication et de géolocalisation vont aussi considérablement faciliter l’entretien routier pour nos agents, avec des systèmes de détection automatique d’obstacles en temps réel et des chaussées autoréparables. 
 
On imagine aussi des routes productrices d’électricité : par exemple, dans le tunnel des Écouges, dans le Vercors, nous avons mené une étude utilisant la force du courant d’air circulant à l’intérieur.
 
Le fait de participer à des projets de recherche européens est un moyen de se tenir à la pointe de l’innovation. C’est aussi un levier économique pour la création d’emplois durables.
 
En Isère, nous avons la chance d’avoir un partenaire de recherche comme le CEA. Nous avons tous les atouts pour nous positionner comme un terrain d’expérimentation privilégié, avec notre concentré de compétences en nouvelles technologies et notre réseau de routes départementales et de transports très dense et varié ! 
 
Informations relayées sur le site www.itinisere.fr et l’application mobile.
 

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LES CHIFFRES CLÉS

  • 4 680 km de routes départementales 
  • 52 centres d’entretien routier
  • 110 millions d’euros de budget en 2017
  • 3 projets européens en cours
 
En septembre dernier, le Département a adhéré à l’IDRRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité) : cet organisme, qui rassemble une cinquantaine d’acteurs publics et privés de la communauté des transports, a été créé en 2010 à l’initiative du ministère de l’Environnement.
 
Son objectif est de coproduire un référentiel commun de normes et de bonnes pratiques et de faire rayonner les compétences françaises dans ce domaine.

 

> Une vidéo sur le véhicule communicant réalisée dans le cadre du projet européen Scoref (2014)

Publié le : 
04 avril 2017