Un budget

offensif et de rupture

Ça s'explique

Neuf mois après son accession à la présidence du Département de l’Isère, Jean-Pierre Barbier a présenté, en décembre dernier, le premier budget de sa majorité. Interview.

Comment qualifieriez-vous ce premier budget de votre majorité ?

Nous avons construit ce budget comme un budget de rupture, aussi bien dans le domaine financier que dans les idées et les solutions à apporter, en matière d’action sociale, notamment.

Avec près de 1,5 milliard d’euros, ce budget est aussi le plus important des 13 Départements de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes (hors Métropole de Lyon).

Envisagez-vous une hausse d’impôt ?

Malgré la baisse importante des dotations de l’Etat — 21 millions d’euros de recettes en moins cette année —, conjuguée à la hausse des dépenses sociales (11,5 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour le seul RSA), il n’y aura pas d’augmentation de la pression fiscale en Isère, ni sur les impôts locaux ni sur les droits de mutation.

Pour parvenir à cet équilibre, nous avons fait des efforts de fonctionnement en réalisant des économies, en nous recentrant sur nos compétences et en inscrivant un emprunt pour financer nos investissements — le Département étant très peu endetté.

Vous évoquez un budget offensif : dans quels domaines ?

L’axe principal de ce budget concerne l’augmentation très nette des investissements. En moyenne, le Département investissait 246 millions d’euros par an.

Nous allons porter cette enveloppe à 320 millions d’euros cette année, soit 74 millions d’euros de plus pour financer des projets dans des domaines aussi variés que l’aménagement numérique, les collèges, les routes, bref, tout ce qui peut améliorer le cadre de vie des Isérois et favoriser l’activité économique et l’emploi. C’est du jamais vu !

Autres augmentations importantes : le budget « Enfance et famille » qui progresse de 10,2 % et celui du tourisme de 17 %, afin de promouvoir l’Isère sous toutes ses facettes, sports d’hiver, d’été, festivals, musées, gastronomie… Un secteur d’activité qui génère des emplois non délocalisables.

En matière d’action sociale, vous avez introduit le principe de réciprocité systématique. Qu’est-ce que c’est exactement ?

La moitié du budget du Département de fonctionnement est consacré à l’action sociale, personnes âgées, personnes handicapées, enfance et famille, cohésion sociale…

Des sommes très importantes qui vont désormais faire l’objet de contreparties. Je considère, en effet, que toute personne bénéficiant d’une aide sociale du Département doit être en mesure d’apporter, en retour, un peu de son temps à la collectivité.

Le travail est quelque chose d’essentiel quand on veut participer à la société. Cette mesure va concerner les allocataires du RSA mais pas seulement. Toutes nos politiques sociales seront impactées.

En prônant ce principe de réciprocité, je suis convaincu de faire bouger les lignes et refuse surtout que la solidarité se transforme en assistanat.

Autre fait marquant, l’augmentation du budget de la culture.

Comme disait André Malraux, « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ». Nous allons donc être conquérants.

Longtemps malmené par l’ancienne majorité, ce budget va augmenter de 12 % cette année pour retrouver des couleurs. Un effort sera entrepris pour rendre nos dix musées départementaux plus attractifs, avec la mise en œuvre d’un plan de rénovation, la création d’espaces d’accueil et de boutiques. C’est aussi de l’activité pour nos entreprises.

Nous allons également augmenter notre participation au Festival Berlioz pour qu’il rayonne davantage et projetons la création d’un grand événement culturel sur le thème du paysage et du patrimoine, sur l’ensemble du territoire isérois et en étroite collaboration avec Grenoble-Alpes-Métropole.

Publié le : 
02 février 2016