La faune sauvage

à la trace

Découvertes

Certains animaux hibernent, d'autres vivent au ralenti. Avant l'arrivée du printemps, partons à l'affût et décryptons les indices de présence d'une faune sauvage qui s'éveille doucement.

Par Corine Lacrampe, photos Arnaud Callec

L'hiver est redoutable pour les animaux sauvages. Afin de survivre au froid et au manque de nourriture, l'hibernation est pour eux le moyen le plus efficace de survivre. Les marmottes s'endorment au fond de leur terrier, les coccinelles sous l'écorce, les grenouilles sous un tapis de feuilles. Les hérissons se mettent à l'abri d'un tas de bois, les chauves-souris restent dans leur grotte, les tétras-lyres s'enfouissent sous la neige...

Pas question de les déloger : réveiller un animal en hibernation peut lui être fatal. Mais, en étant discret et attentif, au gré de vos sorties dans la nature à pied ou en raquettes, apprenez à retrouver leurs traces sans les déranger. Les zones humides et les montagnes iséroises constituent un terrain privilégié de découverte.

L'arbre à rythme du pic noir

On pense d'emblée aux empreintes laissées dans la neige, mais il y a aussi les indices sonores. A l'orée d'un bois, on peut entendre le tac-tac-tac intermittent du pic noir sur le tronc d'un arbre à la recherche d'insectes et de larves.

En revanche, une cognée régulière signifie à ses congénères qu'il occupe le territoire. Au pied de l'arbre, un tas de copeaux de bois indique qu'un pic vert a fait son nid au creux du tronc, juste avant l'hiver, à l'aide de son bec foreur.

Les empreintes des sangliers dans la boue, au bord de la rivière, ou celles des oiseaux dans la neige sont emblématiques. Chaque trace délivre son message. Apprendre à les interpréter permet aussi de mieux respecter la vie sauvage.

Traces et igloos de tétras-lyres

Dans les versants nord, les tétras-lyres laissent de nombreuses traces. Ce petit coq de bruyère, oiseau terrestre, creuse un abri et se laisse recouvrir par la neige pour passer tranquillement l'hiver dans son igloo, à 0°C. Mais s'il est dérangé, il s'envole et s'épuise.

Pour cartographier les sites d'hivernage du tétras, le plus efficace est de repérer les crottes hivernales dans le cercle restreint de leur igloo fondu. Au col du Coq, en Chartreuse, des zones de défends sont désormais matérialisées afin que les randonneurs à ski ou en raquettes ne s'en approchent pas.

Quelques pistes à suivre...

Des observations libres sont organisées au col du Coq-Pravouta, en Chartreuse, espace naturel sensible du Département, avec les guides nature. Qui a grignoté cette pomme de pin, un mulot, un pic ou un écureuil ? Comment identifier telles crottes, telles plumes, ces poils ou ces traces sur un tronc d'arbre ?

Pour sensibiliser chacun à la protection de l'environnement, les guides remettent un fascicule qui permet d'évaluer le risque de dérangement. Deux sorties sont prévues les 12 et 20 mars 2016.

L'espace naturel sensible des Ecouges, dans le Vercors, est également un lieu propice à l’observation des mammifères, marmottes, chamois, chevreuils. Il abrite aussi de nombreuses espèces d’oiseaux forestiers, pic épeiche, pic noir…


Pour en savoir plus :
Maison du Département du Grésivaudan - 04 56 58 16 00
Gîte des Ecouges - 04 76 64 73 45 - www.latrace.net
Ligue de protection des oiseaux - www.isere.lpo.fr

A emporter en balade :

Un guide de poche, Traces et indices des animaux en montagne (Editions Glénat, coll. Les mosaïques nature, 128 p.), avec croquis, photos et descriptions.

 

Publié le : 
02 février 2016