Les 50 ans du MRDI

Résister à tout prix

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Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère fête cette année son demi-siècle d’existence. Du petit musée originel de la rue Jean-Jacques Rousseau au bel immeuble aux décors en ciment moulé de la rue Hébert, 50 ans ont passé. Mais la mémoire est restée vive, intacte, connectée à la fois au passé, au présent et à l’avenir.

Par Richard Juillet

  • Autour d’Olivier Cogne, l’équipe du MRDI — Jacques Loiseau, Mauricette Simon, David Vallier, Youssef Gougache, Rachel Varvarande et  Alice Buffet —  prépare les 50 ans du musée.

Depuis cinq ans, comme d’autres avant lui, il est le gardien du « feu sacré », cette petite lumière qui a animé Grenoble et l’Isère durant la Seconde Guerre Mondiale, particulièrement pendant les longs mois de l’occupation allemande entre septembre 1943 et août 1944.

Conservateur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, Olivier Cogne a en effet l’impérieuse mission de transmettre le témoignage de celles et ceux qui ont combattu, au péril de leur vie, le régime de Vichy et la répression nazie.

Certes, il n’est pas le seul à entretenir la flamme. Une équipe de six personnes l’entoure au quotidien pour faire vivre ce haut-lieu de mémoire, de connaissance et d’échanges.

Une équipe particulièrement mobilisée cette année avec un anniversaire à préparer, celui des 50 ans. De nombreuses animations sont prévues pour célébrer ce demi-siècle, avec en point d'orgue la deuxième édition de la Course de la Résistance, le 8 mai 2016.

Vers un musée départemental

C’est en 1963 que naît l’idée de créer à Grenoble, l’une des cinq communes titulaires de la Croix de la Libération, un musée consacré à la Résistance et à la Déportation. Une exposition des Archives départementales, présentée cette année-là, révèle un riche fonds documentaire sur la Résistance dauphinoise, collection qui marquera les esprits. A tel point qu’un noyau dur se constitue autour de deux enseignants, Henri Guillard et Pierre Dubois, et de l’archiviste de l’Isère, Robert Avezou, pour valoriser ce fonds et engager la création d’un musée.

Trois ans plus tard, le 23 avril 1966, le maire de Grenoble, Hubert Dubedout, inaugure le premier musée de la Résistance dauphinoise en présence de Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin. C'est dans l’appartement natal de Stendhal, rue Jean-Jacques Rousseau, que l'établissement accueille ses premiers visiteurs.

Un lieu plus grand

Pour tous ceux qui ont porté ce projet, cette ouverture est une consécration : vingt ans après la fin de la guerre, les initiatives de cet ordre sont encore rares en France. Mais les 170 m2 des lieux vont vite se trouver trop exigus. Dès les années 1980, il est envisagé de déplacer le musée vers un lieu plus approprié et de lui offrir une muséographie plus contemporaine.

La municipalité de Grenoble et son maire, Alain Carignon, également président du Conseil général, disposent de l’espace idéal : un bâtiment de 1200 m2 situé au cœur de la cité, rue Hébert. L’édile a surtout l’intention de créer un véritable musée d’histoire à statut départemental.

Inauguré le 1er juillet 1994, le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère a depuis trouvé sa place et son public. Il reçoit en moyenne 25 000 à 30 000 visiteurs par an dont de nombreux scolaires et chercheurs.

En savoir plus :
www.resistance-en-isere.fr

 

Publié le : 
02 février 2016