Grandeur nature

Chaque année, deux espaces naturels sensibles du Département, la tourbière de l’Herretang et le domaine des Ecouges, sont temporairement ouverts à la chasse.

Par Richard Juillet

« J’en ai vu quatre, des gros, mais le temps que j’épaule, ils avaient disparu. » En décembre 2015, autour de Fabien Mulyk, vice-président chargé de l’environnement, une cinquantaine de chasseurs de Saint-Joseph-de-Rivière et de Saint-Laurent-du-Pont ont participé à une battue dans la tourbière de l’Herretang.

Cet espace naturel sensible (ENS), acquis par le Département en 1995, est une zone humide très fréquentée par de nombreux oiseaux mais aussi par une colonie de sangliers qui fait de gros dégâts dans les cultures environnantes. Depuis trois ans, Corinne Ribault, la gestionnaire de cet espace, fait appel à la Fédération des chasseurs et aux associations de chasse locales pour réguler les populations.

Réguler la population des sangliers est indispensable

« La tourbière de l’Herretang est un milieu ouvert, habituellement non chassé. Mais il faut tout de même veiller à ce que les sangliers ne le perturbent pas trop », explique-t-elle. Car après avoir occasionné des dégâts dans les cultures pour se nourrir, ils se réfugient dans la tourbière, bien à l’abri. Des champs dévastés, ce sont autant de dépenses pour les chasseurs, tenus d'indemniser les agriculteurs...

Même constat au domaine des Ecouges, dans le Vercors, où plusieurs bêtes sèment régulièrement la zizanie dans les cultures de plaine. Pour Roland Goudissard, en charge de cet ENS, « chasser n’est pas un but : nous préférons les déranger ». Afin d'éviter toute surpopulation — une laie met bas jusqu’à dix marcassins par an —, trois battues sont organisées chaque année à l’automne, en lien avec la Fédération des chasseurs, l’Office national des forêts et les associations de chasse des communes riveraines. Les prélèvements sont minimes : une dizaine d’animaux par an, le prix d’une nécessaire cohabitation !

Publié le : 
02 février 2016