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Accoucher

comme à la maison

Santé

C’est une première : en France, neuf maisons de naissance ont reçu le feu vert pour fonctionner à titre expérimental, dont deux en Isère. Celle de Bourgoin-Jallieu a ouvert ses portes en juin dernier. 

Par Sandrine Anselmetti

  • ©F. Pattou
  • ©F. Pattou

Des meubles en bois, des couleurs chaleureuses, un lit classique… Ici, la salle d’accouchement ressemble à une chambre de maison.

Attenante à l’hôpital Pierre-Oudot, la maison de naissance de Bourgoin-Jallieu est pourtant bien différente de l’univers hospitalier. Ouverte depuis juin dernier, elle est la 4e à voir le jour en France.

Cette structure indépendante de la maternité a été créée pour les futurs parents en quête d’une naissance plus naturelle et intime : « C’est une alternative pour les femmes qui ne veulent pas accoucher à domicile, ni dans un milieu très médicalisé », explique Aurélie Knaps, l’une des huit sages-femmes libérales de l’association Premières heures au monde, qui gèrent la maison de naissance.

Ici, pas de péridurale, de perfusion, de forceps ou de ventouses. Les futures mamans veulent choisir leur manière d’accoucher : avoir une liberté de mouvement totale pendant le travail (avec ballons, suspensions, tatamis, piscine gonflable…), gérer elles-mêmes leur douleur et ne pas subir de gestes médicaux vécus comme invasifs.

C’est pourquoi, les maisons de naissance ne peuvent accueillir que des grossesses à "bas risques" : « Les naissances multiples, les cas de diabètes ou encore les femmes ayant déjà subi une césarienne ou un accouchement prématuré sont écartés », précise Aurélie Knaps.

Autre précaution : les sages-femmes disposent de tout le matériel nécessaire, si besoin. Monitoring, doppler, perfusion, kit de réanimation… Et en cas de complication, le bloc opératoire est accessible en brancard en moins de quatre minutes. Les dossiers des futures mamans sont aussi partagés avec l’hôpital et une consultation préalable avec l’anesthésiste est obligatoire, en cas d’urgence.

 

> UN SUIVI PERSONNALISÉ

La sortie de la mère et du bébé se fait en moyenne trois à quatre heures après l’accouchement. La sage-femme assure ensuite un suivi à domicile. C’est là une particularité des maisons de naissance : la maman est suivie par le même binôme de sages-femmes, de la préparation à la naissance jusqu’aux suites de couche. Le jour de l’accouchement, l’une d’elles est forcément là et uniquement pour elle (ce qui est impossible à l’hôpital pour des questions d’organisation). Un vrai plus pour les futures mamans.

Les maisons de naissance ont déjà fait leur preuve aux Etats-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore au Québec. En France, l’expérimentation va durer cinq ans. D’ici à la fin de l’année, une deuxième structure devrait voir le jour en Isère, à Grenoble.

 

TÉMOIGNAGE

ANNE, 31 ANS,
habitante de Saint-Quentin-Fallavier

« Un accouchement naturel »

« Mon premier accouchement a eu lieu à la maternité et s’est très bien passé. Cette fois, j’ai fait le choix de la maison de naissance car j’ai envie d’un accouchement plus naturel. A la maternité, allongée dans un lit, reliée à un monitoring et à une perfusion, on se sent très contrainte. Ici, je peux écouter mon corps et faire comme je le sens. Ce que j’apprécie aussi, c’est d’être suivie par la même personne du début à la fin. On se connaît, c’est convivial et rassurant ». 

 

Publié le : 
09 septembre 2016